De la cuisine à la céramique : Olivier Ruaud et Alice Urien, céramistes par passion

« Pouvez-vous nous présenter votre activité ?

L’atelier a commencé en 2004. Nous sommes céramistes : je suis autodidacte, mais Alice a suivi une formation longue : d’abord un bac de céramique, puis un BTS à l’école Olivier de Serres, et enfin une formation en céramique au CNIFOP (NDLR : Centre international de Formation aux Métiers d’Art et de la Céramique) comprenant une spécialisation de 9 mois sur la recherche d’émaux. J’ai moi aussi suivi cette formation.

Olivier Ruaud & Alice Urien ©

Olivier Ruaud & Alice Urien ©

Comment fonctionnez-vous ? Vos œuvres sont-elles des co-créations ?

Nous travaillons indépendamment l’un de l’autre, sauf quelques pièces que nous travaillons à deux.

Racontez-nous : comment en êtes-vous arrivé à vous spécialiser dans la céramique ?

J’ai commencé à m’intéresser à la céramique lorsque j’étais chef de cuisine. J’ai commandé des assiettes au père d’un de mes apprentis, qui était potier. Il m’a répondu : « C’est d’accord, mais tu viens m’aider ! » Ça a été mon premier contact avec la terre.

Ça a été un cheminement, puis en 2000, j’ai décidé d’arrêter mon activité de restaurateur pour me consacrer entièrement à la céramique. À ce moment-là, Alice était en fin de formation : 4 ans plus tard, on créait l’atelier.

Alice Urien ©

Alice Urien ©

Les Journées européennes des métiers d’art sont désormais un rendez-vous annuel attendu : que représentent ces Journées pour vous ?

Nous avons Alice et moi participé à toute les éditions depuis leur création : c’est l’occasion d’ouvrir l’atelier, de proposer des animations, de montrer comment on travaille les pièces, comment on les cuit…

C’est aussi l’occasion de revenir sur la différence qu’il y a entre pratiquer un loisir créatif et être professionnel. C’est toujours enrichissant.

mains & merveilles 2011

Le temps de la création, ou « slow-made », est cette année à l’honneur. Quel regard portez-vous sur cette notion dans votre activité ?

Si je replace la question dans le contexte qui est le mien, je dirai que le milieu de la restauration, dont je suis issu, induit beaucoup de stress, avec deux coups de feu par jour… C’est un tout autre rythme. Les métiers d’art ont de commun qu’ils nécessitent du temps. Celui que j’ai maintenant. On est obligé de prendre le temps, parce que travailler la terre réclame de la réflexion et de la patience.

Si on se dit « il faut que cette pièce soit prête la semaine prochaine », on est sûr de rater. Il faut aussi savoir travailler la terre, la modeler puis la laisser reposer pour lui donner le temps de sécher, de se repose avant d’y revenir, de la retravailler. Il faut environ 15 jours à trois semaines pour réaliser une sculpture ou une pièce en peu complexe, et je ne parle que du temps écoulé entre le bloc de terre pur et la forme achevée, sans compter les étapes de cuisson, d’émaillage et de recuisson !

Nos métiers ont cette spécificité d’être de vieux métiers. Ce sont toujours les mêmes gestes depuis parfois des millénaires, que nous répétons, qu’il faut apprendre, acquérir et maîtriser. Cela aussi exige du temps. »

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