Archives mensuelles : mars 2013

La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez met en scène les métiers d’art

A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art le site médiéval de la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez (Loire), classé parmi « Les Plus Beaux Villages de France », accueillera de nombreux artisans, entre ses murs, les 6 et 7 avril prochain. Nathalie Bissardon, médiatrice culturelle, revient sur les expositions, les démonstrations, et les animations mises en place pour la manifestation.

La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez accueillera des artisans pour les JEMA 2013 ©Chartreuse

La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez accueillera des artisans pour les JEMA 2013 ©Chartreuse

Comment est né ce site patrimonial ?
Le village de Sainte-Croix-en-Jarez est enclos dans les bâtiment d’une ancienne Charteuse, édifiée à partir du XIIIe siècle. La visite du site permet d’appréhender l’univers et la vie quotidienne des moines chartreux qui vécurent dans le monastère jusqu’en 1792 – date à laquelle ils furent chassés par les révolutionnaires. Il est possible de découvrir, par exemple, les anciennes cuisines, la cour des Frères – espace de la vie quotidienne -, le cloître ou l’ermitage – situé dans la cour des Pères, l’espace consacré à la vie spirituelle. Les bâtiments de la Chartreuse, devenus bien nationaux à la Révolution et rachetés par des familles de la région, ont permis au site de devenir un village d’exception, resté pratiquement intact depuis plus de 200 ans.

Façade et entrée de l'ancien monastère ©Chartreuse

Façade et entrée de l’ancien monastère situé en région Rhône-Alpes ©Chartreuse

Quels évènements seront mis en place à l’occasion des JEMA ?
Les Journées Européennes des Métiers d’Art sont l’occasion de réouvrir le site au public autour d’un évènement particulier, et de faire découvrir sous un autre jour. Au coeur du village, la première cour intérieure, ancienne « cour des Frères », ainsi que la salle de la mairie (ancien espace de logement des Frères), accueilleront certains artisans venus exposer leurs créations et présenter leurs savoir-faire au public de 11h à 19h. Le corridor, donnant sur les anciennes cuisines abritera également, dans la Salle Béatrix, d’autres créateurs pour la manifestation.

Pour sa première participation aux Journées, ce site patrimonial d’exception proposera également un jeu-concours, reliant les différents artisans participant à l’évènement. C’est une façon de mettre en l’accent sur les différentes facettes des savoir-faire, en incitant les visiteurs à découvrir aussi bien les différentes pièces du site que tous les professionnels qui seront présents pour les rencontrer. Les lots de ce concours, organisé en partenariat avec des site touristiques ou des artisans de la région, seront en lien avec le patrimoine local, afin de valoriser les savoir-faire de notre région.

Tout le week-end des visites guidées de l’ancien monastère seront également mises en place à 11h, 15h et 16h30 et les visites libres permettront de découvrir les extérieurs du site.

Les 6 et 7 avril des artisans présenteront leurs créations et savoir-faire sur ce site patrimonial exceptionnel ©La Chartreuse

Les 6 et 7 avril des artisans présenteront leurs créations et savoir-faire sur ce site patrimonial exceptionnel ©La Chartreuse

Quels artisans exposeront pour ce week-end ?
De nombreux artisans seront présents samedi 6 et dimanche 7 avril pour exposer leur travail de passion et de création aux visiteurs. Ce sera l’occasion de rencontrer Annie Perger « Design Vert Annie » (créatrice de meubles en carton / éco-mobilier design), Laurent Aucoin (tourneur sur bois), Isabelle Gatineau (terre vernissée – céramiste), Jean-Louis Barou (tisserand – tradition soierie lyonnaise), ainsi que Daniel Vial « Atelier de l’Estampille » (peinture sur soieries – créateur de foulards), Marie Murgier «Bois et pigments» (peinture sur bois), Dominique Chapre (création textile) et de découvrir leurs créations.

Jean-Michel Frossard (artiste peintre – peinture naïve), Estelle Richard (céramiste), Caroline Juy (créatrice de vêtements – couture), ainsi que Robert et Sébastien Marechal (sculpture sur pierre), « L’Atelier Lumverre » (vitrailliste), Nicole Chauvet Jarrousse (créatrice de bijoux), Françoise Savarino (céramiste), Emilie Brouin « L’Atelier de Patricia » (céramiste) et Alexandra Ferdinande « Vannerie sauvage du Pilat », seront également présents à la Chartreuse pour ces Journées, et présenteront leurs créations et leurs savoir-faire d’exception.

Peinture murale du XIVe siècle de l'Eglise primitive de l'ancien monastère ©La Chartreuse

Peinture murale du XIVe siècle de l’Eglise primitive de l’ancien monastère ©La Chartreuse

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« Entrez en matière, Les Ateliers du Livre » à la Cité des Sciences et de l’Industrie

l’Institut National propose de faire découvrir les métiers d’art aux plus jeunes à la Cité des sciences et de l’industrie. A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art l’exposition « Entrez en Matière, Les Ateliers du livre » invite les enfants à entrer dans les métiers des arts graphiques et du livre, au 30 avenue Corentin Cariou (Paris 19ème).

La Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris ©CSI-Sylvain Sonnet

La Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris ©CSI-Sylvain Sonnet

Dans la perspective de favoriser la découverte des métiers d’art, l’Institut National des Métiers d’Art s’attache à sensibiliser le jeune public.

Cette rencontre se fait au travers du concept « Entrez en matière », exposition développée depuis 3 ans, en partenariat avec la cité des métiers – Cité des sciences et de l’industrie.

« Entrez en matière, les ateliers du livre » va, cette année, au-delà du principe d’une simple exposition. Véritable plateforme d’initiation et d’interaction, dédiée au 6-12 ans, elle est une réelle invitation à découvrir la magie des métiers du livre.

 Cette année, le parti-pris est de mettre l’enfant au coeur du projet et de le faire devenir acteur. Il deviendra le temps d’un atelier, relieur, graveur ou typographe et découvrira au fur et à mesure les savoir-faire indispensables à ces métiers. Du projet initial à la finalisation d’un objet, les enfants apprendront les grandes étapes nécessaires à l’élaboration d’un carnet, d’un dessin gravé ou d’une page typographiée.

 

"Entrez en matière" à la Cité des Sciences et de l'Industrie propose des Ateliers du livre pour le jeune public

« Entrez en matière » à la Cité des Sciences et de l’Industrie propose des Ateliers du livre pour le jeune public

Cette initiation donne à voir, à entendre, à sentir et à toucher. Une approche concrète qui fait passer des notions importantes telles que la transformation de la matière, la rigueur des techniques, l’importance des matériaux, la beauté du geste et la singularité de l’objet unique.

Les ateliers pédagogiques sont animés par Claire Giovanangeli-Taoussi, directrice du Musée de Montolieu, Marie-Isabelle Melon, relieur, Anne Réby, graveur et Adélaïde Magnier, typographe, membres de l’association Montolieu Village du livre, dont la volonté est de transmettre un savoir-faire de qualité.

Exposition réalisée grâce au mécénat de la Fondation Bettencourt Schueller.

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Le Musée de L’horlogerie se met à l’heure des JEMA

Roy Baierlein et son épouse restaurent les objets mécaniques depuis trente ans, de la montre à l’horloge de clocher, en passant par les automates ou les boîtes à musique. Installés dans leur Atelier et Musée de l’Horlogerie à Entraigues-sur-la-Sorgue (Vaucluse) ils ouvriront, pour les JEMA, les portes du musée, afin de faire découvrir « l’Histoire du temps » aux visiteurs.

Le Moulin de Valobre à Entraigues-sur-la-Sorgue abrite L'Atelier et le Musée de l'Horlogerie qui ouvrira ses portes pour les JEMA ©Roy Baierlein

Le Moulin de Valobre à Entraigues-sur-la-Sorgue abrite L’Atelier et le Musée de l’Horlogerie qui ouvrira ses portes pour les JEMA ©Roy Baierlein

Comment est né cet Atelier-Musée de l’Horlogerie ?
Après une formation à l’ancienne Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses (Haute-Savoie), pour la fabrication et la réparation d’horlogerie mécanique en 1979, nous avons ouvert notre propre atelier afin de mettre nos savoir-faire, acquis au cours de ces années, au service de la sauvegarde du patrimoine. Installés dans un bâtiment industriel du XIXe siècle (une ancienne usine de Ramie fermée en 1959), l’atelier et le musée accueillent le public au rez-de-chaussée de la bâtisse.

Restauration d'une pendule louis XVI ayant subit un incendie - Reprise complète du mouvement, démontage complet des bronzes et marbres, polissage et nettoyage, fabrication des tirants pour la fixation des bronzes, remontage après protection à la cire ©Roy Baierlein

Restauration d’une pendule louis XVI ayant subit un incendie – ©Roy Baierlein

Notre atelier oeuvre à la réparation de pendules, de pièces d’horlogerie, ainsi qu’à la celle  des montres mécaniques – de la montre de Louis XIV aux montres modernes. La dernière partie de l’atelier abrite les machines – telles qu’une tour Schaublin 102, une machine à pointer Hauser, ou des fraiseuses -, et est consacrée à la fabrication des pièces, usées par le temps ou manquantes. Pour certains objets anciens il faut parfois reconstruire un mouvement complet, car les pièces n’existent plus.
Depuis 7 ans nous avons intégré à notre entreprise, qui a reçu le label EPV, notre collection personnelle de pièces (montres, horloges, pendules…). Ce parcours, composé de 25 vitrines, se découvre exclusivement au cours d’une visite commentée – d’une durée de 2h30 à 3h30.

La fabrication et les machines de l'atelier d'horlogerie ©Roy Baierlein

La fabrication et les machines de l’atelier d’horlogerie ©Roy Baierlein

Quelles pièces seront exposées au musée ?
Les visiteurs pourront visiter le musée de l’horlogerie qui abrite plus de 2500 pièces. Une grande partie de la collection du musée est consacrée à l’outillage, un aspect très important dans la pratique de ce savoir-faire, extrêmement minutieux et précis. Les ancêtres – datant du XVIIIe siècle -, des outils que j’utilise aujourd’hui seront notamment à découvrir pour l’occasion. Quelques spécimens assez rares, comme la montre bouton par exemple, seront également exposés.

Ces Journées seront aussi l’occasion de découvrir des pièces de la manufacture horlogère Lip, fondée en 1867 par Emmanuel Lipmann, ainsi que des porte-montre, des pendulettes de voyage ou des montres militaires (comme le premier chronographe utilisé dans la marine). Une vitrine sera consacrée à l’Ecole d’horlogerie de Cluses, anciennement Ecole royale, puis nationale, créée en 1848, et devenue aujourd’hui le lycée général Charles Poncet.

Renaissance 1©Roy Baierlein

Renaissance 1©Roy Baierlein

Renaissance 2 - Restauration d'une montre à coq de 1700 ©Roy Baierlein

Renaissance 2 – Restauration d’une montre à coq de 1700 ©Roy Baierlein

Qu’allez vous présenter d’autre pour les JEMA ?
Pour ces trois Journées des 5, 6 et 7 avril des conférences (une à 15h et l’autre à 17h), seront l’occasion de revenir sur cette « Histoire du temps ».  Il s’agit de traverser 400 ans d’Histoire en soulignant les évolutions techniques et esthétiques qui l’ont jalonné, de la première montre à coq Louis XIV, aux années 1800 et 1900, en terminant par le chronographe moderne. Cette approche historique, qui se veut plus psychologique que véritablement technique, permettra de remonter aux origines de la montre, héritée des religions, qui ont divisé le temps pour définir les périodes de prières. Ce sera aussi le moyen de revenir sur des changements révélateurs de l’évolution d’une époque, tel que le port de la montre au poignet – et non plus en gousset -, après la guerre.

Taillage d'une roue d'achappement sur un mouvement de Paris à fil de 1830 ©Roy Baierlein

Taillage d’une roue d’achappement sur un mouvement de Paris à fil de 1830 ©Roy Baierlein

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Le Palais des Ducs de Bourgogne accueillera les métiers d’art

A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art 2013, le Palais des Ducs de Bourgogne, à Dijon, (Côte-d’Or) accueillera les 5, 6 et 7 avril, de nombreux professionnels d’exception, venus exposer leurs savoir-faire et rencontrer le public. Fabrice Lemoine, chargé de développement économique à la CRMA de la Région Bourgogne, revient sur cet évènement.

La Salle des Etats du Palais des Ducs de Bourgogne exposera le savoir-faire des artisans les 5, 6 et 7 avril de 10h à 19h ©Ville de Dijon

La Salle des Etats du Palais des Ducs de Bourgogne exposera le savoir-faire des artisans les 5, 6 et 7 avril de 10h à 19h ©Ville de Dijon

Quels sont les projets pour « Les métiers d’art dans tous leurs Etats »?
Le Palais des Duc accueillera les professionnels des métiers d’art dans le cadre majestueux de la salle des Etats, la salle historique où se réunissaient, à l’époque, les Etats au pouvoir en Bourgogne et où figurent encore aujourd’hui les blasons des différents duchés de la région. Une seconde salle, « le salon Apollon » – antichambre de la salle des Etats – abritera les métiers du métal. Trois artisans exposeront leurs créations dans cette petite salle – toute en pierre – afin de mettre en lumière leurs savoir-faire. Ce sera également l’occasion de valoriser la mutualisation des talents, à l’image de ces artisans, forgeron et menuisier, qui ont réalisé un escalier tournant, exposé lors de ces Journées, qui intègre leur travail commun.

La Salle des Etats  abritera plus d'une vingtaine de professionnels des métiers d'art pour les JEMA 2013 ©Ville de Dijon

La Salle des Etats abritera plus d’une vingtaine de professionnels des métiers d’art pour les JEMA 2013 ©Ville de Dijon

De quelle volonté est née cette manifestation ?
Nous essayons de présenter les métiers d’art dans toute leur diversité, en mariant les matériaux et les matières. Il s’agit de mettre en valeur une passion commune déclinée en   nombreux métiers, très différents, tels que potier, restaurateur de tableaux, doreur, céramiste, sculpteur sur bois ou tisserand. Une année sur deux, nous décentralisons la manifestation (cette année à Dijon) pour mettre en valeur un autre lieu. L’an passé par exemple, un évènement phare (circuit, découverte d’ateliers…) était organisé à Flavigny-sur-Ozerain, classé « Plus beaux villages de France ».

Le coeur de notre logique est de permettre la découverte de ces métiers au grand public, en montrant qu’ils existent aussi localement. Les restaurateurs de tableaux présenteront, par exemple, des books de photos « avant-après » et exposeront également des travaux en cours. Les artisans exposants cette année au Palais des Ducs, auront ainsi le moyen de révéler les subtilités de leur art et d’expliquer les techniques utilisées, en contact direct avec les visiteurs.

Le Palais des Ducs de Bourgogne, à Dijon (Côte-d'Or) ©DR

Le Palais des Ducs de Bourgogne, à Dijon (Côte-d’Or) ©DR

Quels artisans exposeront à cette occasion ?
Cet évènement permettra à plus d’une vingtaine de professionnels de venir présenter, dans ce lieu prestigieux, leurs savoir-faire au public. Les 5, 6 et 7 avril le Palais des Ducs accueillera Lucien Loeffler, « L’atelier du peintre en décor » (peintre en décor), Régis Macadre « Stradella décoration » (tapissier d’ameublement et tapissier décorateur), Perrine Bettler « Atelier terre et fer » (céramiste), ainsi qu’Edith Basseville « Atelier La bergerie » (sculpteur sur métal), Monique Moreau « Atelier des Cadres et Bois Dorés » (doreur-ornemaniste et encadreur), Céline Dupart « Lilideco » (tapissier d’ameublement et tapissier décorateur), et Thibault Fernandez « L’essence du bois » (ébéniste).

Ces Journées seront également l’occasion pour Christian Ploton « Atelier Christian Ploton » (Doreur sur cuir, relieur), Célia Casal « Atelier Célia Casal » (relieur), Corinne Chauvey « Atelier Misskarelette » (mosaïste), ainsi que pour Pascal Gourdet « La forge des vignes » (ferronnier), Tiphaine Jacquinot « Atelier Tiphaine Jacquinot » (restaurateur de tableaux, de faïence et de porcelaine), et Thierry Guyot « Atelier Guyot » (sculpteur sur bois), d’exposer certaines de leurs créations.

Elisabeth Mayol « Atelier Elisabeth Mayol » (doreur-ornemaniste), Véronique Grigny « Atelier de reliure Vercey » (doreur sur tranche, relieur), Laurence Menegon « L’Encadreur » (encadreur), ainsi que Daniel Algranate « Maison des Arts textiles & du Design » (tisserand), Gilles Gagnard « Poterie-Plaisir » (tourneur céramique), Marion Lieutet « Créations de Paris » (Bijouterie fantaisie), Marie-Caroline Baut « L’Atelier du Fennec » (peintre en décor), Etienne Rognon « Le Chêne Bourguignon » (menuisier), Norbert Fourot « HM Bois Design » (tourneur sur bois), Christine de Saint-Jacob et Aude De Linares (Restauratrices de tableaux), Isabelle Marion « L’Etoffe du Décor » (tapissier d’ameublement et décorateur), et Eric De Laclos « Le Chalonge » (sculpteur sur bois et pierre), seront également présents pour cet évènement.

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« Vocabulaire illustré de l’ornement, par le décor de l’architecture et des autres arts » d’Evelyne Thomas

Docteur en Histoire de l’art et chercheur correspondant du Centre André Chastel ERHAM (Equipe de Recherche sur l’Histoire de l’Architecture Moderne) Evelyne Thomas a publié aux éditions Eyrolles, en 2012, le très beau « Vocabulaire illustré de l’ornement ». Cet ouvrage, présenté comme un dictionnaire et richement illustré, sera très prochainement en jeu sur la page fan JEMA.

Guillochis - Musée du Louvre ©Evelyne Thomas

Guillochis – Musée du Louvre ©Evelyne Thomas

Quel parcours vous a amené écrire ce « Vocabulaire de l’ornement » ?
J’ai suivi un parcours atypique, en commençant par m’intéresser au monde slave et par enseigner la langue russe, avec déjà le goût des mots ainsi qu’une passion pour l’art animalier, dans les bijoux scythes notamment. Je me suis ensuite orientée vers l’histoire de l’art et j’ai exploré le champ de l’architecture. Chercheur, je participe aujourd’hui à des colloques et publie des articles et des contributions sur l’architecture et sur l’ornement.

Cet ouvrage est la suite logique de ma thèse sur « Le système ornemental de la première Renaissance française » – menée sous la direction de Jean Guillaume au Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance, à Tours en 1998 -, pour laquelle j’ai été amenée à m’intéresser, pendant de nombreuses années, au vocabulaire de l’ornement. J’étais régulièrement sollicitée, par mes amis ou mes collègues historiens d’art, aussi bien pour la signification d’un mot, que pour connaître le nom d’un motif ornemental. Je recevais également des photos d’ornements que l’on me demandait d’identifier. L’écriture de ce livre à été le moyen de répondre à cette demande et de transmettre les connaissances que j’avais acquises au cours de ces années.

"Vocabulaire illustré de l'ornement, par le décor de l'architecture et des autres arts" par Evelyne Thomas. éd. Eyrolles ©Evelyne Thomas

« Vocabulaire illustré de l’ornement, par le décor de l’architecture et des autres arts » par Evelyne Thomas. éd. Eyrolles ©Evelyne Thomas

Comment se sont déroulées vos recherches ?
Pour étudier l’ornement comme je le fais, depuis une vingtaine d’années, il est nécessaire d’effectuer des recherches aussi bien dans les manuscrits, que dans les ouvrages et les dictionnaires anciens, afin de retrouver le nom des motifs ornementaux – dont certains ont changé de sens en fil du temps -, et découvrir des représentations d’ornements. C’est un travail extrêmement méticuleux pour lequel j’ai du rédiger des centaines de fiches et pris des milliers de photographies, en France et à l’étranger, pour constituer un corpus de l’ornement.
La bourse que j’ai eu la chance d’obtenir à l’Ecole française de Rome, pour travailler à la bibliothèque Hertziana, m’a aussi permis d’étudier plus particulièrement la filiation des motifs, de l’Antiquité à la Renaissance. J’ai également beaucoup appris auprès des artisans d’art, tels que des doreurs, des encadreurs, des restaurateurs de meubles ou des couvreurs ornemanistes.

De quelle volonté cet ouvrage est-il né ?
J’ai voulu que ce livre soit un outil scientifique, destiné à normaliser le vocabulaire de l’ornement qui s’est constitué au fil des siècles, par strates successives, avec des mots d’origine « savante » (formés à partir du latin et du grec par exemple) et des mots utilisés dans les métiers d’art. Cet ouvrage intéresse, à ce titre, un large public, aussi bien les professionnels de l’ornement (historiens d’art, restaurateurs, sculpteurs, compagnons tailleurs de pierre, ébénistes…) que les traducteurs interprètes, les guides conférenciers, les antiquaires ou les commissaires priseurs. Souhaitant que ce livre ne soit pas uniquement réservé aux spécialistes, un index visuel permet de le rendre accessible au plus grand nombre – amateurs passionnés ou curieux du patrimoine.

Rinceau en lyre formé de deux dauphins affrontés dans un candélabre - Musée national de la Renaissance château d'Ecouen ©Evelyne Thomas

Rinceau en lyre formé de deux dauphins affrontés dans un candélabre – Musée national de la Renaissance château d’Ecouen ©Evelyne Thomas

L’image est essentielle et tient une place importante dans ce « Vocabulaire de l’ornement » qui comprend 850 photographies couleurs, accompagnant la définition des mots. Constitué en deux parties « l’image et le mot » et « le mot et l’image », le livre permet d’amener au premier plan ce qui est habituellement considéré comme secondaire, tels que les piécettes, les oves, les candélabres ou les chapeaux de triomphe. Les différents motifs – romans, gothiques, ou de la Renaissance -, y sont également regroupés dans des pages spécifiques.

L’approche de cet ouvrage se veut résolument pédagogique, et cherche à apprendre à « voir » l’ornement, à regarder avec attention ce que l’on pense être, à tort, une simple répétition de motifs, à découvrir sa beauté et à apprécier combien il est source d’invention.

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Les céramiques de Charlotte Vernay « Au Grès des Flammes »

Charlotte Vernay travaille la céramique, et plus particulièrement le grès, dans son atelier « Au grès des Flammes » ouvert en 2011, à Perreux, dans la Loire (Rhône-Alpes). A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art la céramiste d’art ouvrira les portes de son atelier les 5, 6 et 7 avril pour présenter ses créations et son savoir-faire aux visiteurs.

Charlotte Vernay  ouvrira les portes de son atelier "Au Grès des Flammes" à Perreux (Loire) pour les JEMA 2013 ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

Charlotte Vernay ouvrira les portes de son atelier « Au Grès des Flammes » à Perreux (Loire) pour les JEMA 2013 ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

Passionnée par la céramique, Charlotte Vernay a découvert très tôt le travail de la terre dans un club de poterie au collège. « Pour appréhender de nouvelles techniques – je n’avais alors réalisé que de la poterie en sculpture -, j’ai suivi des cours de tour de potier, explique la céramiste. Cette approche a été une révélation et j’ai poursuivi avec une formation professionnelle ». Après un baccalauréat général et un CAP en tournage, Charlotte Vernay participe, en 2007, au concours des Meilleurs Apprentis de France, dont elle sort médaillée d’or. « Les deux années de BMA (Brevet des Métiers d’Art) en céramique m’ont permis d’aborder les différentes méthodes de conception, se souvient-elle, aussi bien la décoration, que les cuissons ou le coulage ».

Les céramiques en grès de Charlotte Vernay sont cuites à la flamme, dans un four à gaz ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

Les céramiques en grès de Charlotte Vernay sont cuites à la flamme, dans un four à gaz ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

Une formation BTS de « Concepteur en art et industrie céramique », moins axée sur la dimension artisanale, laisse également la céramiste appréhender, pendant deux ans, le travail en entreprise et la production en grande série, avant de s’installer à son compte, en ouvrant son propre atelier « Au grès des Flammes » en 2011. « Les différents stages que j’ai pu effectuer m’ont permis de travailler toutes les matières, aussi bien la faïence, que la porcelaine ou le grès, souligne la céramiste. J’ai fait le choix de travailler essentiellement ce dernier matériau qui a donné son nom à l’atelier ‘’Au Grès des Flammes’’ – car je fais cuire les pièces à la flamme, dans un four à gaz ».

Charlotte Vernay crée des pièces utilitaires tels que des vases, de la vaisselle, des photophores ou des pots de fleurs. « Le grès, une terre vitrifiée et donc imperméable, permet d’obtenir des réalisations très résistantes ainsi qu’une plus grande ouverture de production, explique l’artisan céramiste. Le travail des émaux par exemple, pour lequel j’emploie de l’oxyde de cuivre, peut être cuit au four à gaz et permet d’obtenir deux couleurs différentes : le rouge et le vert suivant le procédé utilisé : la réduction ou l’oxydation ».

La céramiste fabrique elle-même ses émaux, à l'oxyde de cuivre ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

La céramiste fabrique elle-même ses émaux, à l’oxyde de cuivre ©Charlotte Vernay-Au Grès des Flammes

La céramiste fabrique elle-même ses propres émaux en mélangeant des poudres, telle que la silice, à de l’eau. « Il s’agit de respecter minutieusement les dosages au moment du mélange car la couleur avant cuisson n’est pas la même qu’après le passage au four à 1280°C, précise-t’elle. Lorsque la pièce est plongée dans le bain d’émail le rouge est d’abord gris et le vert marron ».

Charlotte Vernay réalise elle-même toutes les étapes nécessaires à l’élaboration d’une pièce, un travail qui peut s’étendre sur un mois en fonction du temps – en hiver l’air étant plus humide, les céramiques sèchent moins vite – et de la taille de l’objet. « Après avoir tourné la pièce il faut la laisser légèrement sécher pour ajouter les éléments – la anse d’une tasse par exemple -, à l’aide de barbotine (un mélange de terre et d’eau) qui va servir de « colle » explique la céramiste. La terre est cuite une première fois à 980°C afin  de durcir tout en restant poreuse. La pièce est ensuite trempée dans le bain d’émail, qui lui donnera sa brillance et son vernis, avant d’être cuite une seconde fois à 1280°C pendant environ 7 heures ».

Pour les Journées Européennes des Métiers d'Art Charlotte Vernay présentera des démonstrations de son savoir-faire ©Charlotte Vernay-Au Grès de Flammes

Pour les Journées Européennes des Métiers d’Art Charlotte Vernay présentera des démonstrations de son savoir-faire ©Charlotte Vernay-Au Grès de Flammes

Pour les prochaines Journées Européennes des Métiers d’Art, les 5, 6 et 7avril, Charlotte Vernay ouvrira les portes de son atelier «Au Grès des flammes» à Perreux, pour expliquer les différentes étapes de fabrication d’une pièce, présenter des démonstrations de son savoir-faire et partager sa passion avec les visiteurs. Ces Journées seront également l’occasion de découvrir le four, à l’extérieur, et des pièces pour le jardin qui seront exposées dehors si le temps le permet.

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Entrez au Musée de la Broderie et de la Métallurgie à Fontenoy-le-Château

Haut lieu de la broderie depuis 1850, Fontenoy-le-Château (Lorraine) abrite le musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine. Installé au centre du village dans une maison du XVIIIe siècle, le musée ouvrira ses portes aux visiteurs à l’occasion des JEMA, où de nombreuses animations et expositions seront mises en place par Françoise Mougeot.

Le Musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine à Fontenoy-le-Château ouvrira ses portes pour les JEMA 2013 ©Musée de la Broderie

Le Musée de la Broderie, de la Métallurgie et du Patrimoine à Fontenoy-le-Château ouvrira ses portes pour les JEMA 2013 ©Musée de la Broderie

Quelles collections sont exposées au Musée de la Broderie ?
Ouvert en 1978 dans un bâtiment autrefois siège du greffe de la prévôté, le musée de la Broderie et de la Métallurgie met en valeur les savoir-faire de notre région. Sur deux étages des pièces remarquables réalisées par les brodeuses de Fontenoy et du matériel pour la broderie tels que des tambours, des métiers plats, une carafe de brodeuse et une machine à piquer pour encrer sont exposés. Le musée renferme aussi une exposition permanente traitant de la métallurgie dans la « Vallée du Côney » et quelques pièces ayant trait au patrimoine local.

Des animations et des démonstrations sont prévues samedi de 15h à 18h et dimanche de 11h à 18h ©Musée de la broderie

Des animations et des démonstrations sont prévues à Fontenoy samedi de 15h à 18h et dimanche de 11h à 18h ©Musée de la broderie

Pour cette nouvelle édition, quels sont vos projets?
A l’occasion des JEMA le musée, qui ouvre habituellement à partir du 15 avril, accueillera le public pour lui faire découvrir la richesse du savoir-faire des cinq-cent brodeuses qui occupaient Fontenoy, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Indépendamment de l’exposition permanente, une exposition thématique autour des « bavoirs brodés » sera, pour la première fois cette année, présentée aux visiteurs.

Des créateurs en Art du vêtement, en Art floral et en Art de la sculpture exposeront également dans les Halles de la salle des fêtes et présenteront des démonstrations de leur savoir-faire. Des défilés animeront la rue du musée et de l’Hôtel de ville, jusqu’à l’Eglise, pour les journées du samedi et du dimanche, à 16 heures. Afin de mettre mutuellement les savoir-faire en valeur, plusieurs réalisations des sculpteurs jalonneront le parcours du défilé.

Depuis 1850 Fontenoy-le-Château est un haut-lieu de la broderie exportées dans les cours royales du monde entier ©DR

Depuis 1850 Fontenoy-le-Château est un haut-lieu de la broderie exportées dans les cours royales du monde entier ©DR

Quels créateurs seront présents à Fontenoy-le-Chateau pour les JEMA ?
De nombreux créateurs de vêtements et d’accessoires seront présents pour exposer leurs réalisations et participer au défilé tels que Martine Sellier et son atelier « Les Mômes Sottions », Sophie Legras (créatrice de bijoux et tableaux brodés), Marie-Hélène Huth (modiste et confectionneuse de chapeaux), ainsi que Orane Perrin « Les Boutons d’Odalis », Bernadette Declick-Simonin (créatrice de bijoux) et Nathalie Noirjean (créatrice d’écharpes en soie et bijoux). Nous accueillerons également Julie Marcot et Brigitte Mangeon (créatrices de vêtements) et Isabelle Grassler. Sonia Steffan, Brodeuse d’art et experte judiciaire en broderie et étoffes anciennes participera également à l’évènement le dimanche.

Le Musée de Fontenoy propose de découvrir de remarquables collections en lien avec les métiers de la broderie et de la métallurgie ©Musée de la Broderie

Le Musée de Fontenoy propose de découvrir de remarquables collections en lien avec les métiers de la broderie et de la métallurgie ©Musée de la Broderie

Cette année des sculpteurs proposeront aussi de découvrir leur métier d’art. L’association « Pierre Avenir » permettra à Valentin Victor Adam (sculpteur sur pierre et métaux), Mathieu Defer (tailleur de pierre et sculpteur) et Léonard Philippe (sculpteur sur pierre) de présenter leurs créations au public. Enfin une représentante de l’Art floral « Voge Flore » participera également à ces Journées des Métiers d’Art.

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La ferronnerie d’art : un métier d’exception à découvrir pour les JEMA

Passionné de ferronnerie d’art, Laurent Dardilhac travaille principalement l’acier mais pas seulement, depuis 2008 dans son atelier « Atmos’fer », afin de réaliser  des créations traditionnelles ou contemporaines, faites sur mesure et à la main. A l’occasion des JEMA, l’artisan recevra le public sur rendez-vous dans son atelier de Nexon (Limousin).

Garde corps découpe laser et escalier ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

Garde corps découpe laser et escalier ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

Baignant depuis toujours dans les métiers du métal, Laurent Dardilhac a suivi, à l’origine, une formation pour être tourneur-fraiseur, en charge de l’usinage – la fabrication et la mise en forme de pièces par enlèvement du métal – et une formation de soudure. Passionné par la ferronnerie d’art et autodidacte, l’artisan a appréhendé ce métier d’exception au contact du savoir-faire des professionnels de sa région. « J’ai toujours travaillé dans la ferronnerie, explique-t’il, j’ai débuté en réalisant des travaux plus personnels, et progressivement j’ai investit dans du matériel. Mes rencontres avec des ferronniers d’art – et un en particulier -, mieux qu’un stage, m’ont permis de perfectionner mon savoir-faire ».

Garde-corps de piscine ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

Garde-corps de piscine ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

Le ferronnier d’art réalise dans son atelier « Atmos’fer » de nombreuses créations pour lesquelles il travaille, au quotidien, avec des architectes. « C’est un travail de collaboration, précise Laurent Dardilhac, les architectes construisent le projet autour de la maison et je participe à tout ce qui a trait à la ferronnerie, aussi bien en extérieur qu’en intérieur, voir même pour l’aménagement, notamment pour la réalisation de bibliothèque, d’étagères ou de salon de jardin ».

Avant de réaliser ses pièces, pour lesquelles l’artisan d’art joue le plus souvent sur les associations de matières – fer et porcelaine de Limoges, fer et verre ou fer et vitrail -, de nombreuses étapes, telle que la conception graphique du projet, sont indispensables. « Le dessin du projet est une phase essentiellement, affirme l’artisan d’art, notamment lorsqu’on associe différentes matières à l’acier ou à l’inox comme je le fais. Pour la découpe au laser, très précise et faite par un automate, le travail de programmation est également capital ».

Arche de cirque réalisée bénévolement en 2012 pour recréer un chapiteau à ciel ouvert pour l'école de cirque de Nexon ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

Arche de cirque réalisée bénévolement en 2012 pour recréer un chapiteau à ciel ouvert pour l’école de cirque de Nexon ©Laurent Dardilhac-Atmosfer

L’approche de Laurent Dardilhac, résolument contemporaine, marque la volonté de faire découvrir une autre facette de son métier. « Je cherche à proposer des choses nouvelles en allant vers des techniques qui ne sont pas forcément exploitées aujourd’hui, indique le ferronnier d’art. L’association de matières créée du design. On peut associer à un escalier en métal, comme je l’ai fait, un grand panneau de verre, ou imaginer, en fer et en bois, une passerelle suspendue entre le bout de l’escalier et le début des chambres ».

L’artisan d’art développe également un aspect industriel en employant des structures métalliques (des poutres de fer servant à construire les anciens bâtiments industriels). « Pour proposer des créations, toujours originales, j’utilise également des verres de couleur peu connus, comme des carreaux vert granit, noir mat ou noir brillant, explique Laurent Dardilhac. J’ai associé, par exemple, du granit au fer noir dans une cuisine rouge ». Toutes les pièces produites par le ferronnier sont traitées à la peinture Epoxy, une peinture technique, cuite à 190°C couvrant un large panel de couleurs et de textures.

Laurent Dardilhac dans son atelier " Atmosfer " à Nexon

Laurent Dardilhac dans son atelier  » Atmosfer  » à Nexon

Impliqué et soucieux de transmettre ce savoir-faire acquis au fil des années, Laurent Dardilhac travaille actuellement sur un projet de table, en fer et en verre, qu’il mettra en place, pendant une semaine au mois d’avril, avec un jeune stagiaire de 3ème, curieux de connaître les techniques de ce métier d’art.

Garde corps volutes ©Laurent Dardilhac-Atsmofer

Garde corps volutes dans une descente de cave ©Laurent Dardilhac-Atsmofer

Pour les Journées Européennes des Métiers d’Art, les 5, 6 et 7 avril, Laurent Dardilhac ouvrira au public, sur rendez-vous, les portes de son atelier « Atmos’fer » afin de faire découvrir aux visiteurs son travail sur un projet en cours, à l’étape de conception ou de réalisation. Dans l’atelier, une pièce aménagée présentant des réalisations du ferronnier d’art, sera également l’occasion d’approcher ce savoir-faire d’exception.

Atelier " Atmosfer " à Nexon, Limousin

Atelier  » Atmosfer  » à Nexon, Limousin

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Le Land-art s’expose en Corse pour les JEMA

Depuis plus de dix ans Cathy Astolfi travaille en Corse et en extérieur, pour créer des oeuvres en accord et en résonance avec la nature qui l’entoure. A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art l’artiste plasticienne en land-art, interviendra, pour faire découvrir son art, dans le village de Lunghignanu (Corse).

Occi-presence - stage de land-art ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Occi-presence – stage de land-art ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Comment est née votre passion pour le land-art ?
Si j’ai suivi une formation d’infographiste dont je me sers encore aujourd’hui pour les photos et les vidéos que je réalise, le travail du land-art a surtout été un choix particulier et personnel, car il n’existe aujourd’hui ni formation spécifique, ni passerelle vers ce type d’art en extérieur. Depuis quelques années, le développement des espaces verts et l’engouement pour les installations extérieures, a permis à l’art environnemental de se développer en cherchant à inscrire une oeuvre dans un lieu public.
Le land-art est un concept différent, qui n’a pas pour vocation d’attirer les foules et se pratique le plus souvent en milieu isolé, tout en garantissant une véritable réflexion. Cette tendance de l’art contemporain, née dans les années 70, permet une grande liberté d’installation, hors des galeries, pour des oeuvres parfois monumentales.

Oeil de Sainte Lucie en terre - 50cm2 - détail ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Oeil de Sainte Lucie en terre – 50cm2 – détail ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Il y a une vingtaine d’années, j’ai eu la chance de faire une rencontre décisive. J’ai croisé le chemin du peintre belge Léon Claessens, qui à la particularité de réaliser beaucoup d’aquarelles de paysages, en extérieur. Cette façon de travailler dehors a été pour moi une révélation, et j’ai commencé à peindre des toiles abstraites en sillonnant les villages de Balagne. Dès le début mes peintures étaient griffées avec de la terre et plus tard j’ai commencé à mettre de la couleur directement sur l’extérieur. Pour moi l’essentiel est ce rapport à la terre qui, en plus d’être un art, reflète un système de vie entier.

Travail sur l'oeil de Sainte Lucie à Corbara - terre crue - enfants de CM1 ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Travail sur l’oeil de Sainte Lucie à Corbara – terre crue – enfants de CM1 ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Comment travaillez-vous en extérieur ?
Sur les sites je n’amène presque rien hormis mon appareil photo. Il s’agit de trouver des liens entre le visible et l’invisible – ce qu’on ne voit pas ou ce à quoi on ne prête pas attention. Les outils utilisés sont des outils rudimentaires, j’emploie par exemple la technique ancienne de la terre crue, que je prélève sur place. Il se créé, dans cette approche créatrice, une relation au sol très forte. Le plus souvent, je délimite un territoire de travail qui s’étend sur quelques centaines de mètres. Il est également possible de jouer avec les différences géologiques, car les terres ne sont pas toutes de la même couleur dans un même lieu. La terre peut être employée, pour les installations, aussi bien en compactage qu’en torchis ou mélangée avec de la paille ou de la laine.

J’utilise aussi beaucoup la technique du tressage traditionnel – un tressage Corse à trois branches -, avec les végétaux tels que le roseau, la myrrhe ou le lentisque que je taille au rythme des saisons, en respect avec la tradition.

Village de Corbara - L'artiste plasticienne exposera ces derniers travaux en lien avec une photographe russe du 15 au 30 juin dans la Salle du "U Spaziu" à l'Ile-Rousse ©Cathy Astolfi -www.cathy-astolfi.com

Village de Corbara – L’artiste plasticienne exposera une retranscription de ces derniers travaux avec une photographe russe du 15 au 30 juin dans la Salle du « U Spaziu » à l’Ile-Rousse ©Cathy Astolfi -www.cathy-astolfi.com

J’ai également mis en place des stages d’initiation en lien avec mon « Atelier Vagabond’arte » qui permettent aux personnes qui le souhaitent, enfants comme adultes, d’appréhender ce travail de création en extérieur, qui nécessite de retrouver une simplicité de geste et d’attitude. La difficulté pour ceux qui ne sont pas habitués à travailler sans chevalet, et sans outils, est de parvenir à reconstruire quelque chose dans cet espace vide, en utilisant la terre, qui rassure en ramenant aux racines, à quelque chose de plus profond.

cocon 1 - installation terre et chaux sur les falaises ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

cocon 1 – installation terre et chaux sur les falaises ©Cathy Astolfi-www.cathy-astolfi.com

Quels sont vos projets pour cette nouvelle édition des JEMA ?
Je vais intervenir, avec ceux qui le souhaitent, dans le village de Lunghignanu, situé entre Montemaggiore et Cassano. Nous travaillerons le modelage de la terre in situ, pour créer des petites têtes, des attitudes, qui devront évoquer les polyphonies. L’idée est de mettre du son dans la terre, et d’installer les créations parmi les vieilles pierres du village : les creux des murs, les trous des fenêtres… Cette oeuvre collective et éphémère sera débutée à l’occasion de ces Journées, mais je poursuivrai cette action jusqu’à la semaine suivante où l’équipe de tournage de l’émission « Itinéraire bis » viendra dans le village (le 11 avril) filmer l’installation ainsi que mon travail.

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Les sculptures de Béatrice Pothin-Gallard s’exposent pour les JEMA

Béatrice Pothin-Gallard façonne, depuis de nombreuses années, des modèles vivants, structure les lignes et les courbes pour donner vie à ses sculptures de terre et de bronze, dans son atelier du 95 rue Berthelot, à Ollioules (Var). A l’occasion des JEMA, la sculpteur exposera ses oeuvres et présentera son savoir-faire de talent, à la Salle Pierre Puget de la mairie de la ville.

" Flamme "- Béatrice Pothin-Gallard exposera ses sculptures dans la salle Pierre Puget à Ollioules pour les JEMA 2013 ©DR

 » Flamme « – Béatrice Pothin-Gallard exposera ses sculptures dans la salle Pierre Puget à Ollioules pour les JEMA 2013 ©DR

Comment créez-vous vos sculptures ?
Je travaille à partir de modèles vivants, des personnes nues ou habillées, qui viennent poser deux heures d’affilée à l’atelier. Les premières séances me permettent de structurer l’oeuvre, pour que je puisse continuer à travailler une fois le modèle parti, lors des séances suivantes. Je peux être sur plusieurs sculptures à la fois, parfois 5 ou 6, passant de l’une à l’autre, car certaines créations peuvent demander beaucoup de temps.
Je fais cuire les sculptures dans un four spécial – les plus grandes pièces sont coupées en deux -, à 1000°C. C’est une cuisson très lente, afin que la terre n’éclate pas, qui peut s’étendre sur 10 à 12 heures. Les pièces doivent refroidir pendant approximativement 3 jours, très progressivement, afin d’éviter qu’un choc thermique ne les fragilise et qu’elles se brisent.

" La pomme " -Béatrice Pothin-Gallard ©DR

 » La pomme  » -Béatrice Pothin-Gallard ©DR

J’exécute parfois des commandes, comme ce fut le cas pour « La Danse », demandée par la ville de Bandol (Var) en 2007. Il s’agissait de réaliser une maquette de 70 cm pour présenter le projet avant de passer au modèle grandeur nature. 4 mois ont été nécessaires pour façonner la sculpture en terre de plus de deux mètres. De nombreuses étapes sont encore nécessaires pour arriver à la fonte du bronze, pour laquelle je me rends dans une fonderie d’art à Bologne (Italie). Lorsque le bronze est prêt et que le ciseleur a retravaillé les éventuelles imperfections de la sculpture (bulles, marques…) je dois faire le choix de la patine, une phase délicate qui exige de réussir à imaginer l’oeuvre dans la couleur qu’elle va avoir. Le bronze, doré à l’origine, peut ainsi devenir polychrome, brun-vert, brun-rouge ou noir et blanc, c’est un moyen de jouer avec les couleurs des patines, tout en gardant le modelé de la terre.

" Modèle en pose " -Béatrice Pothin-Gallard ©DR

 » Modèle en pose  » -Béatrice Pothin-Gallard ©DR

Comment êtes-vous devenue «sculpteur d’après des modèles vivants» ?
J’ai suivi une formation aux Beaux-Arts de Marseille, pour apprendre la peinture. Les cours offraient, les deux premières années, la possibilité d’essayer de nombreuses disciplines, telles que le dessin ou la peinture, mais peu le travail du volume. Lorsque j’ai découvert la sculpture, cela a été une évidence et j’ai passé les trois années suivantes dans l’atelier spécialisé « sculpture » de François Boucher. Ces cours avaient la particularité de recevoir des modèles vivants pendant trois semaines, ce qui m’a permis d’acquérir un certain nombre de techniques de base.

L’art de la sculpture est un métier difficile et exigeant qui demande d’avoir aussi bien du matériel qu’un lieu pour travailler. Lorsque j’ai commencé, je ne disposais que d’une pièce de 8m2 ce qui convenait pour les portraits que je réalisais à l’époque qui demandaient considérablement moins d’espace. Depuis une dizaine d’année la ville Ollioules, labellisée «Ville d’art et des métiers d’art», me loue un atelier de 60 m2 qui me permet de travailler des volumes beaucoup plus importants, à l’image de « La Danse » qui mesure 2,10 mètres de hauteur. Une fois par semaine, je donne également des cours à mon atelier pour approcher le travail de la terre et transmettre ma passion, j’initie aussi les enfants de l’Association « Pause cartable » de Saint-Cyr avec qui j’organise des ateliers, au plaisir du modelage.

" Olé "-Béatrice Pothin-Gallard ©DR

 » Olé « – Béatrice Pothin-Gallard ©DR

Qu’allez-vous présenter pour les 5, 6 et 7 avril ?
La Mairie d’Ollioules m’a invité cette année à exposer mes créations, pour ces Journées, dans la salle Pierre Puget, place Trotobas. Je présenterai mes sculptures mais aussi des dessins, ainsi que des images de la fonderie d’art de Bologne avec qui je travaille pour élaborer les sculptures en bronze à partir de celles en terre. Ce sera également l’occasion de revenir sur les différentes étapes de mon travail, en montrant par exemple un moule en cire, ou l’armature que j’avais créé pour réaliser la sculpture « La Danse » exposée à Bandol et que j’ai conservée depuis. Un parcours explicatif enfin, sera mis en place pour illustrer la fonte du bronze.

" La Danse "- La sculpture de 2,10 mètres de Béatrice Pothin-Galard est exposé à Bandol (Var) ©DR

 » La Danse « – La sculpture de 2,10 mètres de Béatrice Pothin-Galard est exposée à Bandol (Var) ©DR

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