Archives mensuelles : février 2013

Découvrez la mosaïque contemporaine de Pauline Okurowska

Portrait. Paulina Okurowska travaille depuis quelques années la mosaïque contemporaine dans une démarche très personnelle. Récemment installée à l’Atelier 67 de Nantes dans la région du Pays de la Loire, l’artiste mosaïste prévoit de présenter son savoir-faire et ses créations pour les Journées Européennes des Métiers d’Art. Tableaux, miroirs, sculptures seront à découvrir à cette occasion.

" Festin d'Alice ou La Marée basse " - Marbre, porcelaine française et ciment ©Paulina Okurowska

 » Festin d’Alice ou La Marée basse  » – Marbre, porcelaine française et ciment ©Paulina Okurowska

Après une solide formation en arts appliqués à l’ENSAAMA (Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art) Olivier de Serres à Paris (de 2001 à 2004) qui lui permet de maîtriser aussi bien le dessin, que la composition et l’expression plastique, Pauline Okurowska expérimente différentes approches de création. « J’ai commencé par peindre et à intégrer des morceaux de grès dans la toile, précise-t’elle. Puis j’ai réalisé un premier miroir en mosaïque, et un second. J’ai su que je venais de trouver la matière qui correspondait à ma sensibilité et à l’univers que je souhaitais créer ».

Paulina Okurowska travaille la mosaïque contemporaine dans à l'Atelier 67, à Nantes ©Pauline Okurowska

Paulina Okurowska travaille la mosaïque contemporaine dans à l’Atelier 67, à Nantes ©Pauline Okurowska

Autodidacte, la jeune mosaïste qui travaille depuis trois ans en tant que professionnelle, a passé en 2012 un CAP en carrelage à l’AFPA ( Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) pour s’ouvrir à de nouvelles techniques et apprendre à pérenniser certaines créations, destinées à être en extérieur ou dans des salles de bains. « Le stage que j’ai effectué chez la carreleuse Véronique Berger ‘Vertikaro’, m’a ouvert de nouvelles perspectives, indique Paulina Okurowska. Aujourd’hui nous développons un projet pour lequel nous mettons nos compétences en commun. ‘Aux p’tits joueurs’ un bar  Nantais nous a donné carte blanche pour réaliser les toilettes du site. Apportant mon côté créatif au projet j’ai réalisé le dessin et fais le choix des matières, tandis que Véronique gère l’aspect plus technique ».

La réalisation d’oeuvres d’art de décoration reste la préoccupation principale de la mosaïste, qui élabore des tableaux, des miroirs et plus récemment des sculptures. « J’utilise beaucoup de vaisselle pour mes créations, explique Paulina Okurowska. C’est une façon de recycler tout en apportant du relief à l’oeuvre, car la lumière s’accroche et joue beaucoup plus sur les motifs convexes et concaves de la mosaïque que sur du plat. Il y a également un aspect anecdotique, une tasse de thé par exemple, cela raconte une histoire ».

" Triptik " en ardoise recyclée et émaux de briare  - La mosaïste exposera ses oeuvres à Dol pour les JEMA 2013©Paulina Okurowska

 » Triptik  » en ardoise recyclée et émaux de briare – La mosaïste exposera ses oeuvres à Dol pour les JEMA 2013 ©Paulina Okurowska

Pour trouver cette matière première la créatrice cherche des pièces dans les vide-grenier et commande également en grande quantité dans une boutique de porcelaine de Limoges pour réaliser ses monochromes, un de ses thèmes de prédilection avec l’utilisation de l’ardoise. « J’ai travaillé sur une lampe pour laquelle l’ardoise était coupée en lamelles et collée sur la tranche, ce qui donne un aspect très géologique à la pièce, signale Paulina Okurowska. D’une manière générale je travaille sur un panel de couleurs très sobres, assez minimaliste, qui se concentre autour du blanc, du gris de l’ardoise et du rouge, pour jouer sur les contrastes entre les tons et entre les matières – mat ou brillant ».

" Triptik articulé " Paulina Okurowska travaille tout particulièrement les monochromes et les couleurs sobres ©Paulina Okurowska

 » Triptik articulé  » Paulina Okurowska travaille tout particulièrement les monochromes et les couleurs sobres ©Paulina Okurowska

A l’occasion des JEMA Paulina Okurowska exposera certaines de ses oeuvres telles que des tableaux, des sculptures ou des lampes dans la boutique « Boucle et bijoux » à Rocheservière (Vendée). A Dol (Bretagne) où différents artisans d’art présenteront leur savoir-faire les 5, 6 et 7 avril dans les halles et différents sites de la ville, la créatrice présentera de petites pièces en plat (tableaux, miroirs…). Ce sera également l’occasion, pour la mosaïste, de donner à voir un projet en cours de réalisation et de faire découvrir au public les différentes étapes et techniques de création.

" Miroirs - 6 ", une des rares oeuvres pour laquelle Paulina Okurowska utilise plusieurs couleurs vives ©Paulina Okurowska

 » Miroirs – 6 « , une des rares oeuvres pour laquelle Paulina Okurowska utilise plusieurs couleurs vives ©Paulina Okurowska

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Le musée du jouet de Moirans-en-montagne ouvre ses portes pour les JEMA

Inauguré en 1989, le Musée du jouet de Moirans-en-Montagne, dans le Jura, a réouvert ses portes cet été, après 22 mois de travaux de rénovation. Pour sa première participation aux Journées Européennes des Métiers d’Art, l’établissement présentera les savoir-faire du travail du bois dont il est l’héritier et accueillera de nombreuses animations.

Pour sa première participation aux JEMA le Musée du Jouet de Moirans proposera de nombreuses animations ©Muséedujouet

Pour sa première participation aux JEMA le Musée du Jouet de Moirans proposera de nombreuses animations ©Muséedujouet

Créé à l’initiative de la mairie et des industriels du jouet, le Musée du jouet a ouvert ses portes pour dynamiser et valoriser le secteur du jouet français et regroupe notamment différents services destinés aux professionnels. Il possède une collection de 20 000 jouets, qui recouvrent toutes les époques et tous les continents (dont 3 000 pour l’exposition permanente).

Le Musée du Jouet réouvre ses portes après 22 mois de travaux de restauration ©Muséedujouet

Le Musée du Jouet réouvre ses portes après 22 mois de travaux de restauration ©Muséedujouet

La réalisation du projet a été marquée par un parti pris architectural lors de sa rénovation, explique Magali Morel, chargée de communication du musée. « Il s’agissait de moderniser le musée tout en respectant l’identité visuelle du bâtiment d’origine, souligne-t’elle. L’architecture audacieuse aux couleurs vives, imaginée par Guy Bonivard en 1989  ainsi que son emblématique triangle bleu, ont été conservés. Ce vaste projet de rénovation a été mené par les architectes Jacques Blanc Potard et Jean-marc Duboin. Il s’agissait de renouveler le cadre d’une des plus importantes collections de jeux et de jouets d’Europe ».

Françoise Petrovitch, artiste plasticienne pluridisciplinaire a également contribué à la renaissance du musée en dessinant, à la plume, des jouets et des personnages ( voiture à pédale, trottinette, poupée, petit train, nounours et toupie) pour la création d’un triptyque d’émail et d’acier de 41 mètre de long, symbolisant l’esprit du lieu, sur la façade extérieure du bâtiment. L’univers de l’artiste, très lié au monde de l’enfance, est également présent à l’intérieur du musée. « Françoise Petrovitch a illustré les grands panneaux qui séparent les salles et structure l’espace, précise Magali Morel. Elle a travaillé directement en lien avec les objets du musée qu’elle a représenté dans certains de ses dessins ».

L'artiste plasticienne Françoise Petrovitch a créé un triptyque pour le Musée ©Muséedujouet

L’artiste plasticienne Françoise Petrovitch a créé un triptyque pour le Musée ©Muséedujouet

Aujourd’hui le Musée du Jouet s’étend sur 3400 m2 et a fait le choix d’un parcours thématique, afin de confronter entre elles les différentes époques et l’évolution des matériaux et des techniques. « Le Musée permet de témoigner des savoir-faire locaux  et de la présence du jouet dès le Moyen-Age lorsque les moines ont commencé à maîtriser le tournage sur bois pour la fabrication d’objets de piété, comme les perles de chapelets, indique Magali Morel. Ces techniques se sont transmises de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui où elles sont encore utilisées par des artisans de la région, par exemple pour la fabrication de jouets de collection ».

L'exposition temporaire "Mon jouet préféré" du photographe Hervé Plumet met en scène les habitants de la région avec leur jouet favori jusqu'au 14 avril au Musée du Jouet ©Hervé Plumet

L’exposition temporaire « Mon jouet préféré » du photographe Hervé Plumet met en scène les habitants de la région avec leur jouet favori jusqu’au 14 avril au Musée du Jouet ©Hervé Plumet

A l’occasion des JEMA 2013 le Musée du Jouet rénové accueillera le lycée des métiers du bois Pierre Vernotte. Les élèves animeront les espaces et présenteront des démonstrations de leur savoir-faire aux visiteurs. Le collectif « Un design, un meuble » exposera également des meubles d’art pour ces Journées. L’intervention d’un restaurateur en oeuvre d’art sera le moyen de revenir sur les différentes pièces restaurées du Musée telle que la poupée « Diseuse de bonne aventure » qui a nécessité plus de 80 heures de travail.

Une visite guidée découverte de 30 minutes permettra de découvrir une dizaine d’objets du musée, emblématiques des savoir-faire des métiers d’art depuis l’Antiquité. L’exposition temporaire « Mon Jouet préféré » du photographe Hervé Plumet mettra également en scène, jusqu’au 14 avril, les habitants de la région avec leur jouet favori.

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Les sculptures de l’atelier Art’pierre se révèlent pour les JEMA

Portrait. Sculpteur depuis 1987 en Dordogne (Aquitaine) Pierre Carcauzon travaille et révèle les différentes pierres de sa région, aussi bien pour la restauration du patrimoine que pour créer des oeuvres contemporaines. Pour présenter son savoir-faire aux visiteurs, l’artiste ouvrira les portes de son atelier situé à Celles, les 5, 6 et 7 avril prochains.

" Rêve lunaire " de Pierre Carcauzon ©Pierre Carcauzon

 » Rêve lunaire  » de Pierre Carcauzon ©Pierre Carcauzon

Pierre Carcauzon hérite de sa formation initiale de dessinateur industriel un attachement profond à la qualité du trait. « J’ai oeuvré pendant trois ans comme dessinateur dans une entreprise, puis pour le cadastre. Nous travaillions alors sur des plans napoléoniens pour lesquels les traits devaient être extrêmement précis, explique le sculpteur. Cette approche du dessin, et plus particulièrement du trait, est une base essentielle qui, selon moi, demeure primordiale dans tous les domaines de l’artisanat ».
Sa première rencontre avec la pierre, l’artiste s’en souvient encore parfaitement, vingt six ans plus tard. « Au cours d’une promenade j’ai découvert un moellon, une pierre calcaire, dans les champs, cela a été une révélation, se souvient Pierre Carcauzon. Ce n’est pas moi qui ai choisi la pierre, mais la pierre qui m’a choisi. A l’aide du couteau que j’avais sur moi j’ai commencé à faire une première sculpture que j’ai intitulé ‘Le Déclic’ ».

"Bacchus" - Pierre Carcauzon accueille des stagiaires pour des cours particuliers ou collectifs dans son atelier ©Pierre Carcauzon

« Bacchus » – Pierre Carcauzon accueille des stagiaires pour des cours particuliers ou collectifs dans son atelier ©Pierre Carcauzon

Pour se former aux techniques de taille de pierre et appréhender le dessin architectural, le sculpteur suit les cours de l’AFPA (l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) de Bordeaux pendant douze mois et obtient son CAP pour accompagner des entreprises dans le chantiers de monuments historiques. « Pendant 10 ans j’ai choisi de travailler par système de compagnonnage plutôt que d’accepter un CDI, précise Pierre Carcauzon. Cela m’a permis de multiplier les contrats de chantiers et d’acquérir de nombreuses techniques en me confrontant à des types de pierre différentes aussi bien le grès que la pierre calcaire ou le marbre ».

Pierre Carcauzon ouvrira les portes de son atelier pour les JEMA 2013 et organisera un atelier d'initiation pour les enfants ©Pierre Carcauzon

Pierre Carcauzon ouvrira les portes de son atelier pour les JEMA 2013 et organisera un atelier d’initiation pour les enfants ©Pierre Carcauzon

Après une douzaine de chantiers prestigieux tels que le Palais du Luxembourg, le Capitole de Toulouse, la restauration d’églises en Italie ou le chantier de la cathédrale d’Auch (Gers) pour lequel il encadrait une équipe de jeunes, le sculpteur créé sa propre entreprise «Art’pierre» et ouvre son atelier en 2000. « J’ai commencé par installer mon atelier à Paussac, précise l’artiste, dans les locaux d’une usine désaffectée de 2000m2 dont j’étais locataire. Depuis quatre ans l’atelier a déménagé dans une grande grange dont je suis propriétaire, à Plumentie (commune de Celles) et abrite également une partie ‘showroom’ ».

Inscrit à la maison des artistes depuis 2000, Pierre Carcauzon s’intéresse particulièrement à l’art roman : chapiteaux, colonnes, modillons sont travaillés dans son atelier. Parallèlement le sculpteur poursuit sa création d’oeuvres, beaucoup plus contemporaines, pour lesquelles il utilise particulièrement la pierre calcaire métamorphique ( formée par fusion, par le déplacement des plaques) qu’il a choisi pour sa coloration spécifique qui oscille entre le pourpre et la terre de sienne.

L'artiste transmet son savoir faire à des stagiaires depuis 6 ans ©Pierre CarcauzonL’artiste honore des commandes très variées, à travers le monde entier.« J’ai sculpté les armoiries de la famille, pour un château de Bourg-des-maisons, sur le linteau de la cheminée, précise Pierre Carcauzon. Je réponds également à des commandes venues de l’étranger, à l’image de cette collectionneuse américaine qui a souhaité que je réalise la sculpture d’un petit cochon qu’elle a ensuite fait installer chez elle, au Texas ».

A l’occasion des JEMA le sculpteur ouvrira les portes de son atelier afin d’exposer ses oeuvres et présenter son savoir-faire aux visiteurs curieux. Pierre Carcauzon proposera également un atelier d’initiation pour les enfants pour leur permettre d’approcher la matière et les techniques de la sculpture. Un « Jardin de sculptures », (en place jusqu’au 30 avril) juste à côté de l’atelier, proposera de découvrir, en plein air, une vingtaine de sculptures minérales (de Pierre Carcauzon), et végétales (de Jean-Pierre Sourbier).

"Dark side of the moon" de Pierre Carcauzon ©Pierre Carcauzon

« Dark side of the moon » de Pierre Carcauzon ©Pierre Carcauzon

Un circuit en relations avec différents ateliers du canton (céramiste, tourneur sur bois…) organisé par les syndicats d’initiatives de la région, sera également mis en place pour ces Journées.

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Les décors peints s’affichent dans la Meuse

Peintre en décors depuis treize ans, Christine Girard crée aussi bien des fresques, que des trompe-l’oeil ou des faux-ciel panoramiques. A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art elle ouvrira les portes de son atelier à Maxey-sur-Vaise, en région Lorraine, pour présenter son travail ainsi que son savoir-faire au public.

Décor mural " Mer " ©Christine Girard

Décor mural  » Mer  » ©Christine Girard

Qu’avez-vous prévu pour cette nouvelle édition des JEMA ?
Pour l’édition 2012 des Journées Européennes des Métiers d’Art j’avais mis en place une exposition à laquelle je n’ai pas participé, et a qui rassemblé de nombreux autres artisans au Château de Montbras. Cette année j’ai prévu d’ouvrir mon atelier aux visiteurs pour leur faire découvrir mon travail. A cette occasion je présenterai des photos de différents chantiers que j’ai mené, chez des particuliers par exemple. Des oeuvres plus personnelles seront également visibles pour ces Journées et permettront aussi bien de présenter la diversité de mon travail, que les différentes étapes de son élaboration. Sylvie Quintois, créatrice de bijoux, me rejoindra samedi 6 et dimanche 7 avril pour présenter son savoir-faire au public.

"Calligraphie" la peintre en décors travaille le dessin des lettres dans certaines de ses créations ©Christine Girard

« Calligraphie » la peintre en décors travaille le dessin des lettres dans certaines de ses créations ©Christine Girard

Comment travaillez-vous à la réalisation d’un décor ?
Dans un premier temps je me rends chez le client pour me rendre compte de l’espace et des volumes dans lesquels le décor devra s’intégrer. Je propose ensuite une idée de réalisation et soumets un dessin qui figure l’idée que je me fais du projet. Le plus souvent je travaille directement sur le chantier, mais j’utilise parfois des papiers à peindre qui se posent comme du papier peint traditionnel, ce qui me permets de travailler dans mon atelier et de poser le décor en deux étapes successives.
Les projets qui se font sur site nécessitent une préparation différente. Le mur doit être propre, lisse et déjà peint en blanc pour me permettre de travailler dessus. En fonction de la complexité du projet je peux esquisser quelques points qui me serviront de repères ou bien projeter directement le dessin sur le mur.

Décor mural "Salle à manger"  ©Christine Girard

Décor mural « Salle à manger » ©Christine Girard

Pour mes décors j’utilise généralement de la peinture acrylique, mais pour la réalisation de faux-marbre il est préférable d’utiliser de la peinture à l’huile ce qui peut être assez contraignant sur des chantiers à cause de son temps de séchage relativement long. L’argile peut également être employée, mélangée à de l’eau. Elle se travaille en enduit, et s’applique à la taloche, en épaisseur. Cette technique permet de dessiner dans la matière à l’aide d’une pointe ou d’incruster toutes sortes d’éléments tels que des végétaux ou des cailloux.

" Calligraphie " La créatrice présentera certaines de ses oeuvres dans son atelier pour les JEMA 2013 ©Christine Girard

 » Calligraphie  » . La créatrice présentera certaines de ses oeuvres dans son atelier pour les JEMA 2013 ©Christine Girard

Je réponds aussi bien à des commandes pour des intérieurs privés que pour des lieux publics. En 2011 notamment j’ai réalisé une fresque pour un mur extérieur de « l’Ecole des Sources de la Vaise ». J’ai également recréé, en 2012, un tableau très endommagé « le Saint Patron de l’Eglise», pour une Eglise de la Meuse .

Décor mural " Poèmes " ©Christine Girard

Décor mural  » Poèmes  » ©Christine Girard

Quel parcours avez-vous suivi pour devenir « peintre en décor »?
J’ai suivi les cours dispensés par les Beaux-Arts de Nancy pendant quatre ans, puis j’ai travaillé comme infographiste pendant une dizaine d’années. Je souhaitai revenir à une approche créative plus manuelle et plus tactile. En 2000 j’ai réalisé un stage de six mois à l’atelier de peintre en décors de Paris pour acquérir les techniques d’imitation de la matière tels que le faux marbre, le faux bois ou la terre cuite, ainsi que les techniques de confection des dorures ou des patines. Si cette formation m’a permis de maîtriser les savoir-faire de la peinture en décor, j’ai en revanche beaucoup puisé dans ce que m’ont apporté mes études d’Art, pour l’aspect créatif de mon travail.

L’ouverture de mon propre atelier, en 2001, a été le moyen de conserver des échantillons de mes travaux et d’abriter mes recherches pour de futurs projets. Les savoir-faire acquis au cours de ces années m’ont également donnés la possibilité d’exposer mes créations dans des salons « habitat & décoration » ou autour de l’artisanat d’art.

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La soie s’expose à Dompierre-les-Ormes

Interview. Sylviane Buffenoir travaille la soie, en tableaux ou en luminaires, depuis plus de trente ans dans son atelier du Creusot, en Saône-et-Loire. A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art, elle exposera ses créations et présentera son savoir-faire au public à Dompierre-les-Ormes (Bourgogne), avec d’autres artisans de la région.

Technique de superposition de soie pour créer du relief ©Sylviane Buffenoir

Technique de superposition de soie pour créer du relief ©Sylviane Buffenoir

Quel parcours avez-vous suivi pour maîtriser cet art du textile ?
J’ai commencé à suivre des cours, alors que je travaillais dans une droguerie, à la Maison des jeunes du Creusot qui proposait, avec l’Association « Créa’Centre », de nombreuses activités manuelles qui permettaient d’approcher aussi bien les techniques de la poterie, que celles des émaux ou du tissage. Le travail de la soie a immédiatement été une révélation.

Cette formation m’a permis d’appréhender le procédé traditionnel du serti, spécifique à la soie, qui consiste à dessiner et délimiter les différentes couleurs sur le textile à l ‘aide de la « gutta », une colle spécifique. Le batik, basé sur une méthode de trempage par teinture, pour lequel on tend ou plisse le tissu tout en réservant des zones blanches avec de la cire d’abeille, a également été abordé au cours de cet apprentissage. Au bout d’un an j’ai remplacé l’animatrice du cours. Cette activité bénévole est le moyen de transmettre, à mon tour, le savoir-faire que j’ai acquis.

Lampe pied en érable et abat-jour en soie - Sylviane Buffenoir exposera ses créations à la Galerie Européennes du bois et de la forêt de Dompierre-les-Ormes pour les JEMA ©Sylviane Buffenoir

Lampe pied en érable et abat-jour en soie – Sylviane Buffenoir exposera ses créations à la Galerie Européennes du bois et de la forêt de Dompierre-les-Ormes pour les JEMA ©Sylviane Buffenoir

Après mon adhésion à l’Association « Art & artisanat de Bourgogne » avec laquelle j’ai  organisé plusieurs expositions, je me suis mis à mon compte en 1989. Je travaille également en collaboration avec des magasins ou des dépôts-vente du Jura. On peut ainsi retrouver mes créations à « La Boutique à Jacques » au Creusot.

Comment travaillez-vous la soie ?
J’ai fait le choix de travailler sur ce qui est géométrique, aussi bien par le mariage des couleurs que dans l’assemblage des différentes pièces. Pour l’élaboration des lampes j’oeuvre en collaboration avec des artisans ébénistes qui confectionnent les pieds dans différents types de bois. C’est à partir de cette pièce que j’imagine l’abat-jour en soie, en fonction des couleurs de ce matériau. Le poirier offre par exemple des teintes plus rouges que le frêne ou le merisier.

Pour mes créations j’utilise la technique du drapé, qui consiste à plisser une mousseline de soie très fine sur l’abat-jour pour donner un autre aspect à la lumière. Je travaille également sur la composition de paysages stylisés, réalisés par l’assemblage de morceaux de soie horizontaux, pour lequel j’emploie une soie plus raide que j’effiloche pour lui donner un aspect végétal. Pour la teinture de mes soies je tends la pièce entre deux tréteaux et j’applique une peinture spéciale au pinceau, mais il est aussi possible de réaliser des effets en employant du sel ou de l’alcool. Une fois la soie sèche je l’enroule dans une sorte de papier kraft pour la placer dans l’étuve, où elle cuira pendant 3 ou 4 quatre heures afin de fixer les couleurs.
Foulards - Sylviane Buffenoir ©DR
Quels sont vos projets pour les JEMA 2013 ?
L’an passé j’ai exposé mes oeuvres à Montceau-les-Mines. Pour cette nouvelle édition des Journées des métiers d’art, je présenterai mes oeuvres avec d’autres artisans de Saône-et-Loire, à la Galerie Européenne de la forêt et du bois de Dompierre-les-Ormes. Ce sera l’occasion de présenter mes dernières créations de lampes et de tableaux. Je mettrai également en place un espace de démonstration afin d’expliquer de manière plus concrète mon travail de composition ainsi que les techniques et les différentes textures utilisées dans mon travail de la soie.

A l'occasion des Journées Européennes des Métiers d'Art Sylviane Buffenoir présentera les techniques de travail de la soie ©Sylviane Buffenoir

A l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art Sylviane Buffenoir présentera les techniques de travail de la soie ©Sylviane Buffenoir

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« L’Atelier Louisette » présente ses sculptures en papier mâché



Francine Fournat-Ricard travaille depuis plus de dix ans les sculptures en papier mâché. A l’occasion des Journées européennes des métiers d’art, l’artiste ouvrira les portes de son «Atelier Louisette» à Lyons-la-Forêt (Haute-Normandie) et y accueillera d’autres artisans d’art, afin de présenter leurs créations au grand-public.

Francine Fournat-Ricard (ici dans une sculpture de Wabé) ouvrira les portes de son atelier pour les JEMA 2013 ©DR

Francine Fournat-Ricard (ici dans une sculpture de Wabé) ouvrira les portes de son atelier pour les JEMA 2013 ©DR

Après des études d’Arts appliqués à l’Institut Saint-Vincent de Paul (Loos-les-Lille) et un travail de graphiste en agence et en free-lance jusqu’en 2002, Francine Fournat-Ricard fait le choix de se réorienter vers une nouvelle forme de création. « Il me paraissait essentiel de revenir à quelque chose de purement manuel, me permettant de véritablement travailler du volume, explique-t’elle. Le stage que j’ai suivi à Montreuil chez la sculptrice Véronique Achart, dite Wabé, a été une révélation sur la matière que je souhaitais travailler ».

Au cours de cette formation de neuf mois, la créatrice commence par approcher le béton, puis découvre les techniques et le travail du papier mâché. « C’est la matière que recherchait pour exprimer mon univers, souligne Francine Fournat-Ricard. La même année (2003) j’ai également découvert le festival mondial de la marionnette, à Charleville-Mézières, qui m’a fait une forte impression et a contribué à inspirer et nourrir mon imaginaire. Cet apprentissage aussi bien que cette rencontre ont été déterminants pour mes choix créatifs ».

" Bonnet à Cornes " pour l'exposition " Duo " en 2012 de Francine Fournat-Ricard ©DR

 » Bonnet à Cornes  » pour l’exposition  » Duo  » en 2012 de Francine Fournat-Ricard ©DR

La sculptrice, qui partage son temps entre Paris et la Normandie, travaille depuis cinq dans son « Atelier Louisette » à Lyons-la-forêt dans l’Eure, un lieu dédié à ses créations. « Il était important pour moi de me retrouver dans un lieu proche de la nature pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions, précise Francine Fournat-Ricard. Cette région, où la tradition de la chasse à cour est encore très ancrée, m’a notamment inspiré un travail sur les trophées de chasse pour l’exposition Duo, en 2012 ». 

Plus largement, les sculptures sont un moyen pour la créatrice de réinterpréter des thèmes qui l’inspirent, tel que le grotesque ou le théâtre de rue. « Il s’agit à la fois de personnages statiques, affirme-t’elle, mais qui donnent une impression de mouvement, proche de la danse ».

" Bonnet d'Alice " de Francine Fournat-Ricard ©Photo Eric Catherine dit Duchemin

 » Bonnet d’Alice  » de Francine Fournat-Ricard ©Photo Eric Catherine dit Duchemin

Pour travailler ses sculptures en papier mâché, Francine Fournat-Ricard procède par étapes.    « Esquisser un croquis au préalable permet d’affiner l’idée que j’ai de l’oeuvre, même si elle évolue ensuite, et de trouver la bonne posture, assure-t’elle. Je travaille ensuite sur l’armature de la sculpture, constituée de grillage et de fil de fer ».

Exposition " Jardinières d'artistes saison 2 ". Atelier Wabé Sclpture ©Francine Fournat-Ricard

Exposition  » Jardinières d’artistes saison 2 « . Atelier Wabé Sclpture ©Francine Fournat-Ricard

Contrairement à d’autres artistes qui travaillent le papier en morceaux, la créatrice réalise une pâte en papier journal qui constituera, en séchant, la matière même de ses oeuvres. « Le papier, déchiqueté en morceaux, est mélangé à de l’eau dans un seau, puis à de la colle à papier-peint, après essorage, explique Francine Fournat-Ricard. Le papier mâché se rétracte en séchant et je joue sur cette caractéristique pour donner un aspect très sec et très anguleux à mes sculptures. Je peux ensuite les peindre, avec du thé par exemple, dans des tons assez délavés ».

" Trio " - Francine Fournat-Ricard exposera également ses oeuvres du 25 mai au 2 juin à l'Eglise " Les Hogues " ©photo Eric Catherine dit Duchemin

 » Trio  » – Francine Fournat-Ricard exposera également ses oeuvres du 25 mai au 2 juin à l’Eglise  » Les Hogues  » ©photo Eric Catherine dit Duchemin

Pour les JEMA l’artiste ouvrira les portes de son « Atelier Louisette » et accueillera la mosaïste Isabelle de Segonzac, qui a travaillé avec la célèbre créatrice Niki de Saint Phalle, le photographe Eric Catherine dit Duchemin, l’architecte-aquarelliste Etienne Richy et Eve Lacroix, une artiste textile. Francine Fournat-Ricard présentera son savoir-faire et ses sculptures en cours, qu’elle exposera une fois achevées à l’église « Les Hogues » du 25 mai au 2 juin 2013.

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L’art de la tapisserie se dévoile à Saint-Paul de Vézelin

Cécile Tauvel Bonne travaille la tapisserie en basse-lice depuis de nombreuses années. Cette « artiste licier », héritière des techniques traditionnelles de tissage d’Aubusson, ouvrira les portes du « Fil de l’Art » son atelier situé à Saint-Paul de Vézelin dans la Loire (Rhône-Alpes), pour faire partager son savoir-faire au public à l’occasion de la nouvelle édition des JEMA.

Cécile Tauvel Bonne ouvrira les portes de son atelier " Le Fil de l'Art " pour les JEMA 2013 ©DR

Cécile Tauvel Bonne ouvrira les portes de son atelier  » Le Fil de l’Art  » pour les JEMA 2013 ©DR

Quel parcours avez-vous suivi pour maîtriser l’art de la tapisserie ?
C’est au cours de ma formation de deux ans aux Beaux-Art de Nancy que la tapisserie m’est apparue comme une évidence. A l’époque, la découverte d’un métier à tisser abandonné sur lequel figurait un ouvrage inachevé a été pour moi une révélation et le début d’une réflexion technique et artistique. Il n’y avait pas – et encore aujourd’hui – de culture de la tapisserie au même titre que pour la peinture ou la sculpture. Les enseignements suivis à l’ENAD (Ecole Nationale des Arts Décoratifs) d’Aubusson m’ont également permis d’acquérir les gestes traditionnels de tissage, sans exclure l’émergence d’une identité artistique propre.

" La Vie immédiate " oeuvre de grand format, sera présentée par l'artiste licier sur son métier à tisser les 5, 6 et 7 avril ©Cécile Tauvel Bonne

 » La Vie immédiate  » oeuvre de grand format, sera présentée par l’artiste licier sur son métier à tisser les 5, 6 et 7 avril ©Cécile Tauvel Bonne

Les savoir-faire acquis au cours de ces années de formation m’ont permis d’exposer pour la première fois en 1985, à la Maison des Remparts de Roanne (Loire). Ce projet, pensé en relation avec les poèmes de Paul Eluard, était proche d’un style « peinture ». J’ai également régulièrement exposé, en collaboration avec l’AMAR (Association des Métiers d’Art en Roannais) dont je suis membre, depuis plus de vingt ans. En 2008, j’ai travaillé en collaboration avec l’ébéniste Franck Bernay, pour développer le concept de « votre quotidien découle de votre Art » pour lequel les meubles créés devaient s’associer à l’oeuvre d’art, et non plus l’inverse.

Le travail de l'artisan licier. Ici le fil de trame - en couleur - de même section que le fil de chaîne - en blanc ©Cécile Tauvel Bonne

Le travail de l’artisan licier. Ici le fil de trame – en couleur – de même section que le fil de chaîne – en blanc ©Cécile Tauvel Bonne

Quelle est votre approche de la tapisserie en basse-lice ?
Si les techniques que j’utilise sont l’héritage du savoir-faire traditionnel de la tapisserie d’Aubusson, je revendique une approche résolument contemporaine de cet art. Fille d’architecte, j’ai utilisé mes aptitudes pour un travail essentiellement mural, en deux dimensions et utilise un métier à tisser à 6 lames, confectionné par un menuisier d’Aubusson, qui mesure 2,60 mètres et me permet de réaliser une hauteur de mur. L’identité de mes créations est celle du « graphisme et de la couleur », il s’agit d’associer  à des lignes, parfois un peu agressives, des couleurs énergiques qui amènent une belle luminosité.

J’exécute, pour chaque oeuvre, les trois étapes nécessaires à l’élaboration d’une pièce : le travail de l’artiste qui imagine et dessine le modèle, celui du cartonnier qui agrandit les traits, les inverse et définit les couleurs, enfin je réalise le travail du licier qui exécute la tapisserie sur le carton. L’élaboration d’une tapisserie en basse-lice, c’est-à-dire à l’horizontale (la base de l’ouvrage se travaille à plat, à l’inverse de la tapisserie en haute-lice) peut être très longue, il faut compter en moyenne un mois de travail pour un mètre carré.

Cécile Tauvel Bonne a développé le concept du " quotidien s'adaptant à une oeuvre d'art " en collaboration avec l'ébéniste Frank Bernay ©Cécile Tauvel Bonne

Cécile Tauvel Bonne a développé le concept du  » quotidien s’adaptant à une oeuvre d’art  » en collaboration avec l’ébéniste Frank Bernay ©Cécile Tauvel Bonne

Pour les JEMA de cette année, qu’allez-vous présenter au public ?
Les journées des 5, 6 et 7 avril seront l’occasion de présenter trois nouvelles tapisseries aux visiteurs, ainsi que des tapissages en mohair. « La Vie immédiate », une pièce d’une taille assez considérable (plus de 2 mètres sur 2 mètres) et encore en cours de réalisation, sera installée sur le métier à tisser afin de faire une démonstration des gestes et des techniques que recouvre le savoir-faire d’artiste licier. Ouvrir mon atelier au public pour cet évènement est également le moyen de partager aussi bien l’historique que l’évolution de mon processus de création, tout en faisant découvrir aux passionnés certains aspects techniques, comme le fait de travailler les oeuvres à l’envers, qui les surprend toujours.

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La laque s’expose en Alsace pour les JEMA

Portrait. Nathalie Rolland-Huckel, aujourd’hui installée dans son atelier de Gries (Alsace) travaille la laque depuis quinze ans. Ancienne élève d’Isabelle Emmerique, maître d’art dans ce domaine, la créatrice ouvrira ses portes à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art pour présenter son savoir-faire au public.

Nathalie Rolland-Huckel ouvrira les portes de son ateliers à Gries les 5, 6 et 7 avril 2013 ©DR

Nathalie Rolland-Huckel ouvrira les portes de son ateliers à Gries les 5, 6 et 7 avril 2013 ©DR

Nathalie Rolland-Huckel se dirige très tôt vers le domaine de l’art et plus particulièrement  les Arts décoratifs. « J’ai suivi jusqu’en 1990 une formation à l’Ecole nationale des Arts décoratifs de Limoges pour approcher le travail de décoration sur porcelaine, explique-t’elle. C’est à l’occasion d’un stage à la manufacture de porcelaine Bernardaud, où je travaillais aussi bien à la création que sur des commandes, que j’ai réalisé le service de table ‘Folies de Bagatelle’ ». 

La créatrice a également été directrice artistique pour la société Médard de Noblat à Limoges. En 2007, elle imagine pour Hermès le service de table ‘ Cheval d’Orient ’. « Je me suis inspirée des miniatures persanes qui m’ont toujours captivé, précise Nathalie Rolland-Huckel. C’est cette admiration qui a déclenché ma vocation. Enfant déjà, j’admirai les enluminures et les miniatures du livre ‘ Les Très riches heures du duc de Berry’ ».

La créatrice en laque réalise notamment des bijoux ©Nathalie Rolland-Huckel

La créatrice en laque réalise notamment des bijoux ©Nathalie Rolland-Huckel

Parallèlement à ce travail sur porcelaine, Nathalie Rolland-Huckel découvre, il y a 15 ans, le travail de la laque et suit des cours à l’atelier ADAC à Paris. « Outre cette formation, précise-t’elle, c’est tout particulièrement les stages auprès d’Isabelle Emmerique, maître d’art en laque, qui m’ont permis, notamment grâce à ses conseils techniques, d’évoluer et de perfectionner mon savoir-faire ». C’est également l’envie d’un retour à la matière, qui pousse l’artiste laqueur à s’investir dans cette voie. « Le travail de dessinateur que j’exécute pour Hermès, indique Nathalie Rolland-Huckel, ne me permet pas de réaliser une pièce du début jusqu’à la fin. Travailler la laque dans mon atelier, est un moyen de renouer avec la notion de métiers d’art et surtout avec le travail de la main, qui est essentiel pour moi ».

Les créations de Nathalie Rolland-Huckel seront à découvrir lors des JEMA 2013 ©Nathalie Rolland-Huckel

Les créations de Nathalie Rolland-Huckel seront à découvrir lors des JEMA 2013 ©Nathalie Rolland-Huckel

L’art de la laque est un travail de la lenteur qui nécessite minutie et patience, indique cette  artiste qui a fait le choix du décoratif et revendique l’idée d’ornement de ces oeuvres. « Cet art implique des temps d’attente, entre les différentes étapes de séchage, qui peuvent aller jusqu’à plusieurs semaines pour les pièces les plus importantes, précise Nathalie Rolland-Huckel. Je pratique la technique du vernis gras, ‘ la laque occidentale’ , pour laquelle des pigments sont mélangés à un vernis à base de copal. La matière est appliquée au pinceau et on peut lui ajouter, par exemple, de la nacre. Le ponçage est également une étape essentielle, qui permet de révéler les différentes couleurs de la pièce. Les décors ajoutés à la fin ‘repiqués’, peuvent aussi bien être à base de poudre d’or, que de feuille de bronze ou d’aventurine. Les motifs peuvent également être peints au pigment-vernis, ou par exemple à la peinture à l’huile ».

L'artisan-laqueur présentera des démonstrations de son savoir-faire à l'occasion des Journées des métiers d'art ©Nathalie Rolland Huckel

L’artisan-laqueur présentera des démonstrations de son savoir-faire à l’occasion des Journées des métiers d’art ©Nathalie Rolland Huckel

Pour cette nouvelle édition des JEMA, Nathalie Rolland-Huckel ouvrira les portes de son atelier, dont plusieurs pièces sont affectées aux différentes étapes de la création des laques, à Gries, afin de présenter ses pièces, aussi bien des panneaux muraux que des bijoux ou des objets décoratifs. « C’est l’occasion d’apporter une dynamique, soutient la créatrice, d’aller à la rencontre d’un public curieux qui découvre des techniques peu connues ». Les 6, 7 et 8 avril Aymery Rolland, son mari, présentera ses gravures au sein de son propre atelier, situé à 300m de celui de l’artiste laqueur, et accueillera également la céramiste Iza Emberger pour l’occasion.

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Les artisans d’art du Languedoc-Roussillon se préparent à entrer en scène

André Sylvestre est président de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat de la région Languedoc-Roussillon depuis 2005. A l’occasion des Journées européennes des métiers d’art qui se dérouleront les 5, 6 et 7 avril, il revient sur son rôle auprès des artisans d’art, ainsi que sur les manifestations phares de cette nouvelle édition.

M. André Sylvestre est président de la Chambre régionale de métiers et de l'artisanat du Languedoc-Roussillon ©DR

M. André Sylvestre est président de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat du Languedoc-Roussillon ©DR

Quel est votre rôle à la CRMA, en particulier pour un évènement comme les JEMA ?
Il s’agit avant tout de coordonner, aussi bien les informations transmises, dans le cadre des JEMA, par l’Institut National des Métiers d’Art, que les manifestations qui sont mises en place au niveau départemental. Dans une dynamique de cohérence, notre mission est de fédérer les professionnels de l’artisanat, de développer et promouvoir les métiers de ce secteur. Il est essentiel d’assurer un développement économique durable à ces professions qui allient, selon moi, « artisanat, tradition et modernité ».

En 2012, le Couvent des Minimes à Perpignan (Pyrénées- Orientales) a accueilli une soixantaine d'exposants - céramistes, verriers, potiers...©Signoles, André-Monuments historiques

En 2012, le Couvent des Minimes à Perpignan (Pyrénées- Orientales) a accueilli une soixantaine d’exposants – céramistes, verriers, potiers…©Signoles, André-Monuments historiques

Pour assurer la promotion d’un évènement tel que les JEMA nous travaillons également en partenariat avec des structures locales comme Ville des métiers d’art et Les plus beaux villages de France. A notre niveau, nous relayons par mail les informations (à propos des inscriptions, des dates de l’évènement …) à la presse locale, aux chambres départementales, aux partenaires (Ville des métiers d’art par exemple) ainsi qu’aux offices de tourisme. Au service des professionnels, nous essayons d’être, pour eux, un outil de soutien qui valorise leurs métiers. Nous éditons également un dossier de presse régional, qui reprend les 5 manifestations mises en lumière sur le document national réalisé par l’INMA. Des brèves sont diffusées sur le site Internet et une conférence de presse régionale sera mise en place environ deux semaines avant la manifestation.

Quel bilan peut-on faire de la dernière édition des JEMA (2012) ?
A chaque édition la manifestation connaît un succès croissant – cette année environ 80 entreprises artisanales se sont inscrites pour participer à l’évènement. L’année dernière une quinzaine de manifestations se sont réparties sur tout le territoire et 138 ateliers d’artisans ont ouverts leurs portes, pour permettre aux visiteurs d’approcher les techniques et les savoir-faire de ces métiers d’art. Six centres de formations, aussi bien des centres d’apprentissage que des lycées professionnels, ont également accueilli le public pour présenter leur travail et valoriser leur profession en devenir. A Perpignan notamment, le Couvent des Minimes a accueilli une soixantaine d’exposants : céramistes, verriers, créateurs textile, potiers …

A l'occasion des JEMA 2013, la bibliothèque de Saint-Quentin la poterie (Gard) abritera une exposition sur les costumes ©DR

A l’occasion des JEMA 2013, la bibliothèque de Saint-Quentin-la-poterie (Gard) abritera une exposition sur les costumes ©DR

Quels projets seront mis en place pour cette nouvelle édition ?
Cette année d’importantes manifestations – plus d’une quinzaine – seront mises en place dans chaque département de la région. Montolieu ( Aude), un village empreint d’une forte tradition des métiers de l’imprimerie et de la typographie, proposera un circuit « La Route du Livre » qui permettra notamment de découvrir le processus de fabrication du papier, au Moulin à papier de Brousses et Villaret. La bibliothèque de Saint-Quentin-la-poterie (Gard) accueillera également une exposition sur les costumes. Le Pouget (Hérault) proposera pour l’occasion des démonstrations et des ouvertures d’ateliers autour des métiers de la lutherie.

Le Moulin à papier de Brousses et Villaret (Aude) permettra aux visiteurs de découvrir la fabrication du papier pour les JEMA 2013 ©DR

Le Moulin à papier de Brousses et Villaret (Aude) permettra aux visiteurs de découvrir la fabrication du papier pour les JEMA 2013 ©DR

Les visiteurs pourront découvrir l’exposition « Métiers d’art et des traditions » à Saint Cyprien (Pyrénées-Orientales) et les 69 artisans d’art de Lozère se verront remettre leur diplôme de «Maîtres d’art» à l’occasion d’une soirée lancée pendant les JEMA.

Pour ces Journées pas moins de 150 ateliers, ainsi que des centres de formations  ouvriront leurs portes pour dévoiler leur savoir-faire au public.

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Michel Girard dévoile ses tableaux d’acier pour les JEMA

Interview. Michel Girard travaille ses tableaux, façonne et colore l’acier à la flamme depuis plus de vingt ans dans son atelier d’Amiens (Picardie). Ancien élève de l’école Boulle puis ingénieur, l’artiste revient, à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art, sur le savoir-faire unique que requiert son art.

Michel Girard dans son atelier " Aciers Flammés " d'Amiens ©Vidéotec Informatique

Michel Girard dans son atelier  » Aciers Flammés  » d’Amiens ©Vidéotec Informatique

Quel parcours avez-vous suivi pour devenir « peintre de l’acier » ?
J’ai commencé à travailler le métal très tôt. Après une formation sur les métiers du bronze pendant trois ans dans le centre d’apprentissage de la « Rue de Reuilly », alors associé à l’Ecole Boulle, j’ai rejoins une entreprise parisienne de manutention. Mon service militaire terminé, j’ai également travaillé dans une entreprise spécialisée dans les bronzes d’église, aussi bien pour la fabrication des encensoires, que des tabernacles ou des calices. Une formation de dessinateur en charpente métallique à l’AFPA m’a également permis d’occuper des postes dans l’industrie métallurgique et mécanique.

Passionné de travail manuel, je me suis installé comme indépendant en 1989 en ouvrant mon propre atelier « Aciers Flammés ». J’ai commencé par travailler d’autres métaux, tels que le laiton ou le cuivre, avant de me consacrer entièrement à l’acier, notamment pour les propriétés physiques que possède ce métal, lui permettant de se colorer sous l’action de la chaleur (à partir de 300°C).

" Poissons d'or ", Michel Girard ©Vidéotec Informatique

 » Poissons d’or « , Michel Girard ©Vidéotec Informatique

Comment travaillez-vous vos tableaux ?
Il faut se procurer des plaques d’acier qui sont vendues par un mètre sur deux. Pour les travailler je les débite le plus souvent en format de 50 cm/50 cm. La première étape consiste à brosser la tôle afin d’obtenir une surface parfaitement propre afin d’éviter toutes les tâches qui pourraient apparaître, par oxydation, au moment de la chauffe. La plaque d’acier est ensuite chauffée, étape à laquelle apparaît, en superficie du métal, la première couleur (le bleu).

" Transparences " un tableau que Michel Girard a réalisé neuf fois ©Vidéotec Informatique

 » Transparences  » un tableau que Michel Girard a réalisé neuf fois ©Vidéotec Informatique

Je procède ensuite par « enlèvement », certaines parties colorées sont retirées, en fonction du sujet choisi, à l’aide d’une brosse en plastique fixée au bout d’une perceuse. Pour créer les motifs il suffit de préserver certaines zones en plaçant du « Venilia » (sorte de plastique collant) sur les couleurs que l’on veut conserver. On peut ensuite faire à nouveau chauffer la plaque pour obtenir de nouvelles teintes, dans l’éventail des possibilités de coloration de l’acier, qui s’étend du jaune « paille » au bleu « gorge de pigeon » et réitérer l’opération de ponçage. Lorsqu’une pièce est terminée, elle est bombée au vernis à métal pour éviter que les zones de métal nu ne rouillent, ce qui permet également de donner à la surface du tableau un aspect brillant.

" Le Lierre " en hommage à Mucha, un des grands acteurs de la période Art Nouveau dont Michel Girard est passionné ©Vidéotec Informatique

 » Le Lierre  » en hommage à Mucha, un des grands acteurs de la période Art Nouveau dont Michel Girard est passionné ©Vidéotec Informatique

Que présenterez-vous pour les JEMA ?
Près de mon atelier, des cimaises seront installées à l’entrée de la porte cochère afin d’accueillir une vingtaine de tableaux. C’est pour moi l’occasion d’aller à la rencontre du public et de présenter mon travail de création, très minutieux, mais qui reste avant tout un métier de passion. C’est aussi le moyen de partager mon savoir-faire et de présenter, à l’aide d’une vidéo qui sera diffusée sur place, les techniques de ponçage et d’oxydation ainsi que les différentes étapes de l’élaboration de ces tableaux d’acier colorés à la flamme.

" Quelle fleur !! ", Michel Girard - Les tableaux de l'artiste seront également à découvrir du 13 au 21 avril, à la foire de Lille ©Vidéotec Informatique

 » Quelle fleur !! « , Michel Girard – Les tableaux de l’artiste seront également à découvrir du 13 au 21 avril, à la foire de Lille ©Vidéotec Informatique

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