Archives mensuelles : janvier 2013

Des métiers d’art dans la Drôme

Interview – Conseillère en développement économique à la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Drôme, Angéline Moulin participe à mettre en place un programme d’action pour accompagner les professionnels dans la promotion de leur savoir-faire.

A l'occasion des Journées des métiers d'art 2013, la commune de Dieulefit présentera une exposition à la Maison de la Céramique ©DR

A l’occasion des Journées des métiers d’art 2013,  la Maison de la Céramique du Pays de Dieulefit organise une exposition ©DR

Quelles actions sont menées à votre niveau pour soutenir ces professionnels ?
Notre rôle est aussi bien d’opérer au suivi des opérations collectives territoriales que de travailler à l’accompagnement individuel des entreprises. Nous pouvons être amenés à faire appel à des fonds d’État pour aider, par exemple, des territoires défavorisés, ou pour soutenir des entreprises qui nécessitent un fond d’investissement. Il s’agit de réfléchir à une stratégie de développement pour pérenniser un projet entrepreneurial, dans la dynamique du partenariat instauré avec les collectivités locales et la Chambre de commerce. Nous organisons également des manifestations qui ont pour cibles la communication et la diffusion autour des métiers de ce secteur. 

Comment appréhendez-vous les JEMA ?
En amont nous travaillons comme relais de communication aussi bien auprès des artisans d’art, pour les informer des démarches à suivre pour les inscriptions par exemple, qu’au niveau des ateliers que nous sollicitons toujours avec l’idée de mobiliser le plus grand nombre de participants pour cet évènement qui leur est dédié. Notre objectif est également de sensibiliser les communes labellisées « Plus beau village de France » ou « Ville des métiers d’art » susceptibles de s’investir dans la manifestation. Le programme départemental est bien sûr publié et distribué aux ateliers participants, aux communautés de commune, aux offices de tourisme et aux mairies qui contribuent à ces Journées.

Cette année, les métiers d’art seront particulièrement mis à l’honneur avec l’édition d’un guide intitulé « la route des savoir-faire » qui sera diffusé au printemps prochain par les offices de Tourisme et les principaux sites touristiques de la Drôme. C’est l’occasion de référencer près de 120 ateliers d’art et professionnels des métiers de bouches dans notre département et de les faire connaître.

Le Prieuré Sainte-Agnès à la Motte-de-Galaure accueillera 15 ateliers d'artisans pour les JEMA ©DR

Le Prieuré Sainte-Agnès à la Motte-de-Galaure accueillera une vingtaine d’ateliers d’artisans pour les JEMA ©DR

Quelles belles manifestations sont d’ores-et-déjà prévues pour l’édition 2013 ?
La commune de Dieulefit, dont l’histoire du village est très liée au travail de la terre (18 ateliers de poterie) a prévu de participer à nouveau aux Journées des métiers d’art, après le succès de l’an passé. La Maison de la Céramique ouvrira ses portes à l’occasion pour présenter une exposition « Hommage à la Céramiste Stéphanie Durand », une artiste disparue en 2012 dont les oeuvres seront à découvrir pendant le week-end. La visite du site des Vitrouillères permettra aussi de dévoiler le lieu historique de l’extraction de l’argile.

A la Motte-de-Galaure un évènement sur le thème des « Métiers d’art et métiers d’excellence » sera également abrité par le prieuré Sainte-Agnès, où 20 ateliers d’artisans présenteront des démonstrations et des animations autour d’une exposition-vente, sur ce site d’exception.

A noter enfin que le Salon de l’artisanat de la Drôme ouvrira ses portes pour la première fois les 22-23 et 24 novembre 2013 au parc des Expositions de Valence, avec un espace spécialement dédié aux métiers d’art notamment, pour permettre à 200 exposants, répartis entre différents pôles d’activité, de proposer des animations et des démonstrations de savoir-faire.

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« Un suivi actif est primordial pour soutenir nos artisans »

Ludivine Flet est chargée de développement à la Chambre de métiers et de l’artisanat de la région Picardie. Missionnée pour accompagner les artisans dans leur formation professionnelle, elle nous précise son rôle auprès d’eux à l’occasion des JEMA.

Coucy-le-Château (Aisne) accueillera de nouveau cette année des démonstrations d'exposants pour les JEMA ©DR

Coucy-le-Château (Aisne) accueillera de nouveau cette année des démonstrations d’exposants pour les JEMA ©DR

Que recouvre la fonction d’une « chargée de développement » ?
Nous gérons la mise en place de formations, initiales ou continues, pour les artisans. Il s’agit de développer différents types de formations, par exemples supérieures, pour pouvoir proposer des parcours individuels et appropriés à chacun. Nous gérons également l’université régionale des métiers, qui a été labellisée l’an dernier et qui abrite un réseau de partenaires qui travaillent au développement de ces formations.

Pour jouer notre rôle de soutien vis-à-vis des entreprises artisanales nous nous posons la question de leur financement et de la valorisation des métiers d’art, notamment en accompagnant les professionnels pour l’organisation de manifestations. Nous allons par exemple prendre rendez-vous et les guider pour leur inscription au répertoire des métiers,  qui est obligatoire, ou délivrer des informations juridiques sur la création d’entreprises. Le suivi des dossiers nous permet de recenser les professionnels en fonction de leur secteur d’activité et d’avoir une bonne connaissance du tissu artisanal.

Parfondeval proposera une manifestation inédite pour l'édition 2013 des Journées des métiers d'art ©DR

Parfondeval proposera une manifestation inédite pour l’édition 2013 des Journées des métiers d’art ©DR

Quelles actions sont menées à votre niveau, pour les JEMA ?
La préparation en amont, qui consiste à coordonner les informations, à encadrer et suivre les artisans dans les différentes démarches, nous amène naturellement vers une action de communication. Après la clôture des inscriptions, le 31 janvier, nous éditons un programme régional qui sera diffusé dans toute la Picardie, notamment au sein des chambres départementales, pour mettre en évidence aussi bien les ouvertures d’ateliers que les manifestations prévues en présence des professionnels.

Nous travaillons également en partenariat avec la presse locale. L’Onisep, par exemple, doit annoncer les Journées des métiers d’art sur leur site et le supplément du quotidien « Le Courrier Picard », qui paraîtra au mois de mars, va publier un encart dans le « cahier spécial orientation » pour informer les lecteurs de cet évènement.

Pour l’édition 2013, quelles manifestations sont au programme ?
Une manifestation qui a très bien fonctionné en 2012 est reconduite cette année à Coucy le Château (Aisne). Une vingtaine d’exposants sont attendus et proposeront des démonstrations de leur savoir-faire aux visiteurs. Pour la première fois, un évènement sera organisé à Parfondeval, en lien avec la mairie, par l’association des Amis et des Environs de Parfondeval. Ce sera l’occasion de découvrir le très beau patrimoine bâti de ce village, labellisé plus beau village de France, avec le concours des habitants qui seront invités à ouvrir leurs granges pour l’occasion. Les visiteurs pourront également découvrir les produits locaux exposés sur la place centrale.

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Un parc en Ile-de-France pour les artisans d’art

Chargé de mission en développement économique au parc naturel régional de la Vallée de Haute-Chevreuse, Olivier Sanch travaille depuis 11 ans à soutenir aussi bien les entreprises que les commerçants ou la promotion de produits locaux. Il revient sur un volet d’action de son programme : les artisans d’art.

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Le Château de la Madeleine accueillera des artisans dans la tour des Gardes pour les JEMA 2013 ©DR

Quelles actions entreprend le PNR pour accompagner ses artisans d’art ?
Le parc naturel régional est organisé autour d’un projet commun fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine culturel. Les professionnels qui s’y sont installés depuis plus de dix ans sont le plus souvent de petites entreprises ou ateliers qui ont besoin, pour trouver leur place sur le territoire, d’être encouragés par une politique active.

Nos actions de soutien passent notamment par la recherche et le financement d’ateliers vacants ou de matériel. Pour offrir une meilleure visibilité à nos artisans nous organisons également au printemps un salon des métiers d’art dans un ancien moulin. Cet évènement  annuel permet d’accueillir 45 exposants et 2 500 visiteurs. Certains d’entre-eux sont bien sûr des professionnels locaux, mais pour rester dans l’idée de renouvellement, nous leur associons une sélection d’artisans d’art extérieurs, invités pour l’occasion.

 Quelles sont vos démarches dans le cadre des JEMA ?
En partenariat avec les Journées des métiers d’art depuis leur création, nous fonctionnons comme relais de communication au niveau local, pour informer les artisans des inscriptions par exemple. La communication est déclinée au niveau de chaque commune (le parc en comprend 51) grâce aux bulletins municipaux ou aux sites des mairies.

Nous relayons les informations sur notre site internet, dans une newsletter touristique (5000 abonnés) et le journal trimestriel « L’Echo du Parc » publie une annonce pour ces Journées. Nous travaillons également en partenariat avec la presse locale « Toutes les nouvelles des Yvelines » propose par exemple une sélection du programme ou une série de portraits d’artisans.

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Le site de la Fondation Coubertin ouvrira exceptionnellement ses portes pour les JEMA ©Françoise Gaillarde

Quelles manifestations vous tiennent à coeur pour l’édition 2013 ?
Nous allons réitérer un expérience qui a très bien fonctionné l’an dernier.  Des balades-randonnées à vélo seront proposées par des guides accompagnateurs agréés et les premiers inscrits se verront offrir leurs places. Un groupe de vingt personnes partira  ainsi depuis une gare RER pour suivre un circuit de visites allant d’atelier en atelier.

La Maison du parc, ambassade du PNR abritée par le Château de la Madeleine, a également prévu d’accueillir les artisans qui ne peuvent ouvrir leurs ateliers dans la tour des Gardes. Des artisans cartonnistes par exemple présenteront à cette occasion des créations de meubles en carton ou du recyclage de bâche publicitaire en sac.

Des animations encadrées par des guides permettront de découvrir le patrimoine de Chevreuse en lien avec les métiers d’artisanat d’art : le site de la fondation Coubertin, pour la seconde année consécutive, ouvrira ses portes exclusivement pour les JEMA. Le domaine, habituellement fermé au public et familier des chantiers prestigieux (comme la restauration du château de Versailles) proposera notamment des ateliers de taille de pierre, de ferronnerie et la visite de certains showrooms d’artisans.

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La dynamique d’un accompagnement collectif en Côtes d’Armor

Directeur adjoint de la direction des entreprises à la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat des Côtes-d’Armor (Bretagne) Jean-Pierre Jehan travaille quotidiennement à l’accompagnement des professionnels dans la création, le développement et la transmission de leur projet.

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Jean-Pierre Jehan directeur adjoint à la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat des Côtes-d’Armor ©DR

Spécialisé dans la gestion des moyens humains, le directeur adjoint connaît sur le bout des doigts la préparation en amont que nécessite un évènement comme les JEMA. La collectivité se prépare par exemple cette année à mettre un local à disposition des artisans pour abriter une exposition : « Nous présentons le cadre général et les conditions aux professionnels, puis nous gérons les retours avec la collectivité pour retenir les cinq entreprises les plus intéressantes, avec qui nous nous réunissons ensuite pour organiser et lancer l’opération ».

Pour autant Jean-Pierre Jehan se défend d’être « organisateur » à proprement parler. « Nous sommes plutôt les co-organisateurs, précise t-il, nous préférons accompagner collectivement les professionnels plutôt qu’individuellement ». Selon lui, les professionnels, en aménageant leur espace et en mettant en avant leurs oeuvres, doivent rester les véritables acteurs de cet évènement. « Bien sûr nous promouvons les JEMA, mais nous laissons les acteurs locaux, les professionnels, les associations ou les collectivités gérer leurs propres actions sur le terrain, de façon autonome ». L’accompagnement des professionnels reste également très variable, nous explique t-’il « cela se limite parfois à quelques échanges téléphoniques, parfois davantage. Nous nous adaptons en fonction des interlocuteurs ».

L’an dernier notamment, la chambre de métiers a aidé une association régionale à compléter son financement se souvient Jean-Pierre Jehan : « Les JEMA étaient l’occasion de donner une crédibilité au Salon des Artisans d’art de Plestin-les-Grèves, qui depuis fonctionne très bien ». Cette année le salon, qui regroupe plus d’une trentaine d’artisans, prévoit de faire une nocturne à l’occasion des Journées, ainsi que des animations d’ateliers pour les enfants.

En 2012 le conseil général a également mis à disposition un espace d’exposition de 300m2 sur une aire auto-routière à la sortie de Rennes. « Nous étions chargés de trouver les artisans, explique Monsieur Jehan, puis de les assister dans le transport et l’installation des oeuvres au sein de l’espace réservé ». Vingt artisans d’art du Pays de Dinan ont ainsi pu inaugurer leur exposition pendant le week-end des JEMA et présenter leurs créations au public pendant deux mois.

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Le Salon des artisans d’art de Plestin-les-Grèves (ici en 2012) prévoit une nocturne et des animations à l’occasion des JEMA 2013 ©DR

Cette année, pour la nouvelle édition des Journées des métiers d’art, trois professionnels devraient proposer des démonstrations de savoir-faire au sein de ce même espace. «A l’heure actuelle un seul d’entre-eux a donné son accord », regrette Jean-Pierre Jehan qui souligne « la difficulté de trouver des professionnels qui s’investissent dans ces évènements basés sur le bénévolat ».

Pour les projets à venir, il note également le prochain partenariat, pour les JEMA de 2014, avec le Salon de l’habitat, qui prévoit de mettre à leur disposition 100m2 pour l’accueil d’une vingtaine de professionnels.

D’une manière plus générale Jean-Pierre Jehan affirme sa volonté de renforcer son action pour les Journées : « Nous devons commencer à référencer les professionnels des métiers d’art, car pour les aider, pour leur délivrer le titre officiel d’Artisans d’art, il faut avant tout les connaître. C’est l’objectif de cette année. »

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Du design en Franche-Comté pour les JEMA

Portrait. Designer et enseignant en « Atelier de conception » au lycée Jacques Duhamel de Dole (Franche-Comté) Jean-Baptiste Ricatte prépare sa classe de BTS « Design de produit » à participer aux JEMA 2013 dans le cadre du salon du livre organisé par la ville.

Jean-Baptiste Ricatte, enseignant en BTS design produit au lycée Jacques Duhamel de Dole ©DR

Jean-Baptiste Ricatte, enseignant en BTS design produit au lycée Jacques Duhamel de Dole ©DR

Récent lauréat du concours de design «Fly» (2012) Jean-Baptiste Ricatte expose régulièrement ses créations à Paris ou à Strasbourg, où il a fait ses études. Diplômé de l’Ecole supérieure des arts décoratifs et spécialisé en design de produit, il enseigne sa passion à ses élèves du lycée Duhamel depuis maintenant deux ans. Le jeune designer développe avec eux tout au long de l’année, au sein de son atelier, des projets créatifs pour affiner leurs compétences créatives et techniques « J’essaie avant tout de leur enseigner une méthode de travail qui pourra leur permettre d’être le plus créatif possible » explique t-il.

Les étudiants de BTS design de produit vont développer un projet à l'occasion des JEMA 2013 ©DR

Les étudiants de BTS design de produit vont développer un projet à l’occasion des JEMA 2013 ©DR

 Il s’agit pour l’enseignant de les initier aux technologies : « les étudiants procèdent à des analyses, identifient les besoins de l’entreprise, réalisent des carnets d’esquisse et pour l’étape finale passent à la modélisation, voire au prototypage, grâce à l’imprimante 3D qui est mise à leur disposition ». Pour lui et sa classe, l’enjeu est également de trouver des partenaires (comme des entreprises qui rémunèrent les élèves pour leurs travaux), afin de financer des projets et des sorties comme à la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne qui aura lieu en mars. « Cette année notamment, précise Jean-Baptiste, les élèves ont participé à un concours pour Saint-Gobain, une entreprise spécialisée dans les emballages pour l’industrie agroalimentaire, pour laquelle ils devaient créer de nouveaux emballages en verre ».

Pour la nouvelle édition des Journées des métiers d’art, Jean-Baptiste Ricatte, en collaboration avec ses deux collègues Charly Odile (enseignant en expression plastique) et Alain Roussiot (enseignant en atelier de conception) a décidé de faire participer les quinze élèves de sa classe de BTS 1ère année «Ce projet entre dans le cursus de ces étudiants et participe à leur formation en les ouvrant à une dimension plus plasticienne».

Pour les soutenir et les guider dans leur démarche créatrice le jeune enseignant a d’ailleurs prévu de faire appel à un intervenant extérieur. Arnaud Finix, designer et plasticien de Strasbourg, viendra assister les lycéens une semaine en amont de l’exposition « Arnaud, spécialisé dans la scénographie, sera parfaitement à même de suivre les étudiants aussi bien sur leurs créations que pour la mise en espace, lors de l’installation du salon ».

 Le designer Arnaud Finix (ici dans une de ses installations) viendra épauler les étudiants de BTS Design de produit pour leur participation aux JEMA 2013 ©DR

Le parti pris de Jean-Baptiste est de suivre la thématique du salon du livre de Dole « Le livre prend du volume » qui se déroulera en avril en même temps que les JEMA « L’idée est de créer un décor qui s’insère dans la dynamique du salon, des créations en accord avec l’espace qu’elles occupent. L’intervention mettra bien sûr en avant l’idée du livre, mais présentera également des lettres qui communiquent entre-elles, une écriture plus poétique, qui prend du volume ». Afin de réaliser ce projet l’enseignant prévoit un travail sur la typographie afin de créer des formes en volume et des jeux entre la 2D et la 3D avec par exemple la fabrication de livre en pop-up.

Pendant les Journées des métiers d’art les réalisations de la classe de Jean-Baptiste Ricatte seront exposées à la salle des spectacles de La Commanderie de Dole qui accueillera également le salon du livre durant les trois jours « nous prévoyons de fixer les décors au plafond de la Commanderie, pour échapper à certaines contraintes liées au stands qui seront installés, souligne-t’il, mais surtout pour assurer aux créations la meilleure visibilité  possible ».

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La Bourgogne prépare ses Journées des métiers d’art

Christine Loisy travaille depuis 2011 au développement des entreprises et des territoires à la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat de la région Bourgogne. A l’occasion des JEMA, elle nous explique son rôle auprès des artisans.

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Quelle est votre mission à la Chambre de métiers, et plus particulièrement lors des JEMA ?
Nous accompagnons les entreprises artisanales dans leur développement, aussi bien pour le financement que pour la formation, ou l’accueil des apprentis et leurs contrats. Il s’agit d’aider les artisans à faire face aux différents enjeux qui vont déterminer la réussite de leur projet entrepreneurial.

Pour les JEMA, nous opérons très en amont, en tant qu’appui et incitateur par rapport à la manifestation. Il s’agit de fédérer et faire le relais avec les entreprises. Nous les informons et les guidons dans les différentes démarches à suivre. Cette année, nous allons par exemple effectuer avec eux le travail de préparation d’une grande exposition, qui doit regrouper environ soixante professionnels. Une réunion sur le lieu d’exposition est ainsi organisée avec les artisans, afin qu’ils aient un aperçu et repèrent les espaces.

La Galerie Européenne du la Forêt et du bois à Dompierre-les-Ormes où se déroulera l'exposition pour les JEMA 2013 ©DR

La Galerie Européenne de la Forêt et du bois à Dompierre-les-Ormes où se déroulera l’exposition pour les JEMA 2013 ©DR

Quel succès les métiers d’art ont-ils rencontré lors de la dernière édition des JEMA ?
Les artisans sont heureux d’être soutenus et de participer à cet évènement d’envergure nationale. Il est primordial que chacun se sente acteur de cette importante opération. Cela passe par la communication et le partage des métiers d’art, de ces savoir-faire uniques au service de notre patrimoine culturel, avec un public curieux qui se déplace pour ces Journées. En 2012, une grande exposition présentant plus de soixante entreprises à Montceau-les-Mines a notamment accueilli pas moins de 5000 visiteurs sur le week-end. Brancion a également reçu beaucoup de public pour sa manifestation autour des métiers d’art, en relation avec les monuments bâtis, pour laquelle des techniques de tuiles ou de montage de mur étaient présentées.

Quelles manifestations sont prévues pour l’édition 2013 ?
Une exposition autour de la thématique du bois aura lieu à la Galerie Européenne de la Forêt et du Bois, à Dompierre-les-Ormes (Saône-et-Loire). Cette vitrine de l’art et des techniques du bois de 2000 m2 a prévu d’accueillir pour cette occasion les artisans des 51 entreprises participantes. D’autres projets sont encore en cours de réflexion comme ces sept artisans qui projettent de s’associer afin exposer dans une galerie d’entreprise des métiers d’art à Chapaize. Les ateliers d’entreprises, qui ont une plus grande autonomie, ouvriront bien sûr également leurs portes aux visiteurs pour ces Journées.

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Le Slow Made : quand le temps devient sens

A l’occasion des JEMA, des événements Slow Made seront proposés à Paris (Palais de Tokyo) mais aussi en région.  

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Pourquoi ?
Aspiration de nouveaux consommateurs pour des produits qui ont du sens, un supplément d’âme, « fait en prenant le temps nécessaire », le juste temps qui est la valeur fondamentale et commune à tous les métiers d’art.

Dans le même temps, nous voyons une nouvelle génération de jeunes qui s’inscrivent depuis leur naissance dans le développement durable, les nouvelles technologies et l’envie de créer quelque chose avec leurs têtes et leurs mains, à échelle humaine qui viennent se former et créer leur entreprise, souvent unipersonnelle mais aussi de + en + en collectifs ouverts et décloisonnants.
Les métiers d’art répondent à cette aspiration profonde car ils proposent des productions qui ont une âme, du sens, une identité. Un objet métiers d’art met du temps à être fait et il est fait pour durer. On n’achète pas simplement un produit métiers d’art on l’acquière, on le garde et on développe une relation intime avec lui, une relation personnelle, sensible, émotionnelle.

Mais ces productions et les gens qui en font leur métier à temps plein et sans compter leurs heures (beaucoup de travail) ne sont pas valorisées à leur juste mesure et manquent de visibilité auprès de la société.

Par qui ?

A partir de ce constat, un groupe d’acteurs publics et privés des métiers d’art, de la culture, de la communication, de l’économie, de la sociologie, du design et de la mode se sont réunis à l’initiative de l’Institut National des Métiers d’Art et des Manufactures nationales et au premier rang le Mobilier National pour travailler sur un concept et une stratégie de communication innovante, valorisante et créer une nouvelle dynamique.

Quoi ?
C’est la vocation du Slow Made de proposer un étendard commun, une signature collective qui vafédérer les métiers d’art et renforcer leur identité.

Le slow made est un mouvement, donc il entend proposer, agir, avancer et faire avancer.

Il ne propose pas un repli identitaire et n’est pas dans la réaction mais plutôt dans l’affirmation de valeurs incarnées par des acteurs.

Il ne s’agit pas de se tourner vers le passé mais de s’en servir, de faire persister une mémoire, un patrimoine culturel, technique, vivant pour regarder devant, créer un élan résolument tourné vers l’avenir.

Il est sans nationalité ou alors international. Il est à la fois local (Made in, Made by) et universel.

Idée de communauté de valeurs et de métiers. Proactif, positif et productif. C’est mieux produire, mieux travailler et mieux consommer (éthique). On relie le producteur au consomm’acteur en passant par l’éditeur et le promoteur. Il y a un acte, un choix fort.

Art de vivre, lifestyle, proposition pour un nouveau paradigme de société qui fait des choix en valorisant la qualité, le sens, l’identité, le savoir-faire, l’innovation, la création, la volonté de transmission, la recherche et un modèle économique juste à travers une charte.

C’est donc un point de départ plutôt qu’un point final. C’est un moyen, pas une fin en soi pour faire avancer les choses. Slow Made veut questionner, faire s’interroger ces métiers et cette communauté de valeurs pour construire un futur.

Comment ?
Pour l’instant un réseau social, facebook slowmade.net et bientôt un site internet, puis une association qui coordonnera des actions.

Une communauté qui prendra part à des événements, comme des expositions, des conférences filmées, des ateliers de recherche, des masters class, workshops et une promotion (diffusion d’un logo, guide).

Qui ?
Exemples d’acteurs et ambassadeurs qui incarnent ce mouvement par leur démarche créative et innovante à partir de savoir faire traditionnels voir rares :

-Ludovic Avenel ébéniste-créateur, Prix de la Fondation Liliane Bettencourt

-Émilie Moutard-Martin, parurière plumassière, Grand prix de la création de la ville de Paris.

-Gérard Desquand, graveur, Maître d’Art, MOF, et enseignant qui dédie son travail sur l’empreinte, la trace.

-Pascal Gautrand, fashion designer et lauréat de la Villa Médicis.

-Michel Heurtault, parasolier, Grand Atelier de France, qui travaille pour le cinéma.

Avec qui ?
Slow Made bénéficie d’ores et déjà du soutien de la Manufacture de Haute Horlogerie Vacheron-Constantin

D’autres soutiens sont à venir…

Où ?
France, à Paris, en régions, à l’international

Des événements Slow Made sont prévus à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art, des Designer’s Days, les Fashion weeks, Marseille Provence 2013

La page facebook Slow Made: www.facebook.com/slowmade.net
Et pour plus d’informations, voir le site de l’INMA

Le Salon des Métiers d’Art à Joinville.

Les Journées des Métiers d’Art constituent une occasion unique de mieux connaître et comprendre les spécificités de ce secteur d’activité, particulièrement important en Haute-Marne. 

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Le salon sera ouvert les 5, 6 et 7 avril 2012 de 10h à 18h00 non stop sur 3 sites distincts :

  1. Salle des fêtes de Joinville
  2. Lycée Philippe Lebon
  3. Château du Grand Jardin

Le vendredi 5 sera réservé aux Scolaires.

Le Prix d’accès sur les 3 sites sera de 2,00 € par adultes (à partir de 18 ans).

Déjà une trentaine d’exposants et plus d’une vingtaine de partenaires !

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Au programme : des conférences, des animations de rue en Centre ville, et spectacle le samedi soir au Château, organisé par l’association Créamuse : « Dard d’Art ».

Pour plus d’informations : voir ici 

[Portrait] Delphine Dejean : les livres dans la peau.

Passionnée par la restauration de livres et la reliure, Delphine Dejean en a fait son métier et donne, depuis 2005, une nouvelle vie aux ouvrages au sein de son atelier « Le Livre dans la Peau » à Saint-Quentin-la-Poterie. 

Delphine Dejean devant son atelier "Le Livre dans la peau" à Saint-Quentin-la-Poterie ©DR

Delphine Dejean devant son atelier « Le Livre dans la peau » à Saint-Quentin-la-Poterie ©DR

Le coup de coeur de Delphine Dejean pour les documents anciens a débuté avec ses études cinématographiques, qui la mirent en contact avec des documents d’archives à l’Université et à la cinémathèque de Montréal. C’est là qu’est né l’intérêt de cette autodidacte, qui n’a pas suivi de formation classique dans une école de reliure, pour la restauration des livres.

La reliure c’est l’histoire d’une passion familiale que Delphine Dejean hérite de sa mère, Muriel Maire, dans l’atelier de laquelle elle travaille pendant sept ans. Des années de découverte et d’apprentissage qui lui permettent de trouver sa vocation et d’ouvrir son propre atelier deux ans après que sa mère a fermé le sien.

Il y a huit ans elle crée « Le livre dans la Peau » « partie de zéro » nous dit-elle, ce qui lui assure la liberté de choisir les outils et les machines dont elle a besoin. « Le matériel utilisé est le même qu’il y a deux siècles, explique la jeune restauratrice, seuls les matériaux changent. Nous utilisons par exemple aujourd’hui du ruban à la place de la ficelle. Les reliures contemporaines sont finalement réalisées grâce à des techniques du Moyen Âge ».

Pour transmettre sa passion Delphine Dejean (aujourd’hui titulaire du DMA en Arts graphiques option Reliure / Dorure) organise des cours et des stages qui s’adressent aussi bien à ceux qui possèdent une expérience en reliure et cherchent à se perfectionner, qu’aux amateurs qui ont envie de découvrir ce savoir-faire. « Ce qui est intéressant c’est de s’adapter au niveau de chaque personne et de voir leurs visages surpris lorsqu’ils découvrent le livre qui prend progressivement forme entre leurs mains ».

Ce qui touche le plus Delphine ce sont les histoires de ces livres de tous les jours que les gens apportent à son atelier « La reliure n’est pas réservée aux beaux livres, elle concerne également des livres du quotidien avec lesquels les personnes entretiennent une relation affective, cela peut être des livres de cuisine ou la Bible héritée d’une arrière grand-mère transmise de génération en génération. On m’a confié un jour un dictionnaire Larousse dont la propriétaire, qui avait appris à lire avec, ne voulait pas se séparer », se souvient-elle.

Reliure en demi peau de chagrin à nerfs - Atelier de Delphine Dejean ©DR

Reliure en demi peau de chagrin à nerfs – Atelier de Delphine Dejean ©DR

Depuis trois ans Delphine Dejean se mobilise pour qu’à Saint-Quentin-de-la-Poterie, les ateliers des artisans ouvrent leurs portes pour les Journées des métiers d’Art et que les lieux culturels de la commune participent aussi à cet évènement. Pour cette 7ème édition des JEMA, le lycée des métiers Georges Guynemer hébergé par le musée de la poterie proposera des démonstrations de taille de pierre et de tapisserie, et la bibliothèque accueillera une exposition sur les costumes de théâtre.

A cette occasion la restauratrice a prévu elle aussi de consacrer du temps pour aller à la rencontre du public. Delphine Dejean proposera des démonstrations de reliure et de dorure et présentera certaines des 60 opérations nécessaires pour faire un livre, comme celle de la couture, « une étape spectaculaire qui plaît toujours au visiteur » au coeur de son atelier.

Pour en savoir plus : ici

Les Vieilles Maisons Françaises accueillent les métiers d’art

Depuis 2011, les VMF sont partenaires des JEMA afin de mettre en valeur, sauvegarder, transmettre les savoirs-faire artisanaux et susciter de nouvelles vocations auprès du jeune public. Nicole Coulon, chargée du développement des Vieilles Maisons Françaises, revient sur cette association.

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A l’occasion des JEMA 2012 le Château de Callac (Morbihan) a accueilli dans sa cour des professionnels des métiers d’art ©DR

Quel est l’objectif de ce partenariat ?
Notre objectif est de lier deux publics, avec d’un côté les propriétaires privés qui ouvrent leurs demeures pour les JEMA et, de l’autre, les professionnels des métiers d’art qui travaillent à la restauration indispensable de ces édifices. A l’occasion de cet évènement les VMF invitent d’ailleurs ses adhérents propriétaires à ouvrir leurs portes, afin d’accueillir des visiteurs soucieux de l’avenir du patrimoine, et de leur présenter différentes créations ou restaurations, réalisées par des artisans d’art qui ne sont pas visibles le reste de l’année.

L’ouverture de ces demeures permet-elle, selon vous, de porter un nouveau regard sur les métiers d’art ?
Ces journées sont effectivement le moyen de s’adresser à un public plus large, en leur permettant de découvrir le panel des 217 métiers d’art des 19 secteurs (comme la terre, la pierre, le métal, le cuir ou le bois) tout en mettant l’accent sur l’importance de la qualification et de la formation de ces artisans, accomplis ou encore en devenir. Le Château de Gardères (dans les Hautes-Pyrénées) a par exemple ouvert ses portes pour présenter la création de son jardin « à la française » dans la cour d’honneur, réalisée par le lycée horticole Adriana de Tarbes.

C’est également l’occasion de présenter d’une part différents corps de métiers d’art et du patrimoine – des métiers pointus parfois méconnus du grand public -, réunis dans un même lieu et, d’autre part, de montrer comment les nouvelles technologies se mêlent aujourd’hui à la tradition d’un savoir-faire.

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Le Château de Montbras en région Lorraine a ouvert ses portes en 2012 pour les JEMA ©DR

Comment les propriétaires privés accueillent-ils la démarche de ces Journées?
Bien qu’il existe des contraintes pour les adhérents (certains ferment leurs propriétés à partir de la fin du mois de novembre et les rouvrent très peu de temps avant les JEMA) l’action est très bien perçue par les propriétaires. Certains professionnels des métiers d’art ont également la possibilité, pendant ces journées, d’installer leurs ateliers de démonstration au sein de ces demeures d’exceptions. C’est là le moyen de mettre en avant le lien étroit qui unit les propriétaires privés aux artisans d’art.

Une ouverture vous tient-elle particulièrement à coeur pour cette année ?
Nous savons par exemple d’ores et déjà que l’arboretum du château de Neuvic d’Ussel, en Corrèze, accueillera le public pour cet évènement. Les visiteurs découvriront ainsi des vues du château, la pièce d’eau et la volière notamment.

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