Archives mensuelles : avril 2012

« Un travail longue haleine »

Entretien avec Nolwenn De Kergommeaux, création, restauration de vitraux et dalles de verre.
Le travail du verre, de la restauration de vitraux parfois anciens, nécessite beaucoup de minutie… et de passion. Nolwenn De Kergommeau a fondé son entreprise il y a plus de dix ans et pour elle, les JEMA sont autant un plaisir que l’occasion de montrer la diversité de son métier.

Quelle est votre formation ?
A 16-17 ans, je faisais partie de l’association Rempart, en tant que bénévole. À cette époque, j’ai fait des travaux de charpente, de taille de pierres. J’ai un BTS économie, mais c’est cette expérience qui m’a donné envie de faire ce métier. J’ai ensuite suivi une formation professionnelle à la Maison du vitrail, pendant un an. J’ai travaillé six mois pour eux, puis six mois chez France Vitrail, à Courbevoie.  Cela m’a donné un peu plus d’expérience, et m’a permis de monter mon entreprise en 2001.

Aujourd’hui l’entreprise a 11 ans. Beaucoup de syndicats de propriété font appel à nous pour restaurer des vitraux, essentiellement pour la région parisienne. En revanche, je vends mes créations partout en France, et aussi à l’étranger.

A quoi ressemble le travail d’un restaurateur de vitraux ?
Mon travail comprend une forte dimension technique, mais je suis aussi chef d’entreprise. Je dois faire des devis, rendre mon entreprise visible, surveiller et faire travailler mes stagiaires, qui n’ont pas tous les mêmes aptitudes.
C’est un travail de longue haleine que de réparer un vitrail abîmé. Il faut commencer par retirer les plombs, nettoyer les verres un par un, remplacer les pièces cassées et faire la remise en plan. Le tout peut prendre entre une et trois semaines. Je viens de recevoir une commande de rosaces pour une église dans le sud de la France : je compte sur un délai de trois mois pour honorer cette commande.

Quelles sont les qualités nécessaires à votre métier ?
Il faut de la patience, surtout en ce qui concerne la gestion de l’entreprise, avec le stress que ça suppose. Certains budgets ne sont signés qu’au bout de deux ans.
Il faut bien sûr de la dextérité, et la capacité d’oser. Dans ce métier, on rencontre de nombreux aléas : il faut avoir l’esprit clair pour les contourner. Pour un petit souci de dernière minute, il faut être capable de trouver une solution rapidement.
Enfin, et surtout, il faut être passionné !

Avez-vous également une activité de formation ?
Je reçois régulièrement des élèves en CAP au Lycée Lucas De Nehou à Paris.
J’ai un numéro d’agrément qui me confère la fonction de formatrice. J’accepte également des élèves en reconversion professionnelle. Les formations ont en général un format de 1200 heures.

Qu’allez-vous proposer pour les Journées Européennes des Métiers d’Art ?
J’ouvre mon atelier au public, et je vais probablement faire une démonstration de coupe de verre.
Il faut aussi être capable de se montrer. Les JEMA permettent de faire des rencontres. Et à la fin des trois jours, il n’est pas rare que j’ai un déclic, et que je me dise que c’est bien ce métier qui me plaît et pas un autre. Il est aussi très plaisant d’avoir un regard extérieur sur son travail.

Avez-vous des projets ?
Je travaille en collaboration avec d’autres artisans autour d’un projet pour une église moderne à Port de Bouc, ainsi que pour une église du 12e siècle situé à Fos-sur-Mer.

Nolwenn De Kergommeaux,
16 rue de la Forge royale,
75011 Paris
http://www.aupasseurdelumière.com