Archives mensuelles : mars 2012

Peindre, « une évasion »

Portrait. Yvan Lefeuvre, artiste peintre
La mer, il la regarde et il la dessine depuis qu’il est tout petit. Yvan Lefeuvre a installé son atelier depuis cinq ans à St Goustan, près d’Auray. Son travail oscille entre tableaux contemplatifs et scènes dynamiques, reproduisant toute la complexité d’un élément capricieux.
Contemplations. « Je peins lentement », explique-t-il. Il utilise une technique de peinture en « glassis », qui nécessite d’appliquer successivement plusieurs couches de peinture à l’huile sur sa toile. Et ses tableaux inspirent aussi un sentiment d’apaisement, la nécessité de contempler, de prendre le temps d’apprécier un tableau comme on prend le temps de regarder un coucher de soleil.
Ce regard, il l’a depuis son plus jeune âge, puisqu’il a toujours dessiné des bateaux et peint la mer. Après des études scientifiques, il a progressivement laissé de plus en plus de place à son art. « Aujourd’hui, je vis de ma peinture. Je suis aussi professeur d’arts appliqués à Rennes ».  Il dit essayer ainsi de « stimuler chez ses élèves une dimension créatrice ».
Multiples marines. L’essentiel de ses peintures représentent des paysages marins, ou des éléments liés à la mer. Des plages, des littoraux, mais aussi des voiliers. « J’ai des amis skippers, et j’ai énormément de plaisir à naviguer avec eux ». Ses toiles transmettent ce curieux mélange d’apaisement et de dynamisme, que seule la mer peut procurer.
C’est le golfe du Morbihan qu’il peint le plus souvent, mais il lui est aussi arrivé de reproduire des paysages de la Côte d’Azur. Le voyage engendre chez lui un besoin de créer, même s’il confesse ne pas être « un peintre voyageur ». Peindre la mer n’est jamais répétitif. Les lumières varient systématiquement d’un jour sur l’autre, les couchers de soleil aussi. Son environnement change constamment, c’est pourquoi il cherche dans son travail à reproduire cette variabilité.
Attachement. Il a participé à de nombreuses expositions, notamment en 2007 à Saint Paul de Vence, ou encore à Pont Aven, et à de nombreuses autres occasions, un cadre pour lui extrêmement motivant. « Cela fait partie de l’expérience du peintre ». Il expose aujourd’hui son travail dans son atelier à St Goustan, auquel il est « très attaché ». Il affirme par ailleurs ne pas être dérangé dans son travail par le passage et la foule. Cela rajoute même une nouvelle valeur à ce qu’il nomme « une performance ». St Goustan lui apparaît par ailleurs comme une source inépuisable d’inspiration. La ville est en effet un site classé, qu’il définit comme « un univers à part ». .
Il ouvrira les portes de son atelier lors des Journées Européennes des Métiers d’Art, de 15h à 18h de vendredi à dimanche. Entre deux balades sur le bord de mer.

« Je fabrique ma propre encre »

Entretien avec Bernard Vanmalle. Cet ancien professeur de français, devenu calligraphe, parle de son métier comme un travail alliant précision, passion, et contact. C’est pour lui un voyage quotidien à travers des mots. Son savoir-faire et sa créativité seront mis en avant lors des Journées Européennes des Métiers d’Art.

Comment êtes-vous devenu calligraphe ?
La calligraphie, c’est une passion que j’ai découverte il y a une vingtaine d’années. Pour ce faire, j’ai suivi des stages, et rencontré pas mal de personnes. Si le statut de calligraphe est reconnu comme métier d’art, et s’il existe des calligraphes de haut niveau, il n’existe pas d’école dédiée à ce métier. Je me suis aussi formé avec des calligraphes anglais, Keith et Angela Adams, qui sont pour leur part spécialisé dans la calligraphie historique. Je me suis formé progressivement à de nombreuses écritures de notre histoire, ce qui a nécessité une étude approfondie des manuscrits. Quand on a une passion, elle s’élargit petit à petit. Je m’intéresse aujourd’hui aux écritures chinoises et indiennes. Ce métier m’a permis de voyager, dans tous les sens du terme. D’une certaine manière, il s’agit de la continuité de mon travail dans les lettres, avec un autre métier très littéraire. Je suis aussi écrivain, et poète et, après avoir arrêté l’enseignement il y a maintenant deux ans, on peut dire aujourd’hui que je vis de ma plume !

Avec quels outils travaillez-vous ?
La calligraphie repose sur un triangle : papier, plume et encre. Je peux me servir d’un très grand nombre de papier, et j’utilise des dizaines de plumes différentes. Je fabrique aussi ma propre encre, en écrasant des boules de galle du chêne pour obtenir un tanin que je mélange à du sulfate de fer pour obtenir un noir très particulier. Je taille mes plumes moi-même, à partir de plumes d’oiseaux ou encore avec des roseaux, qui donneront des calames.

Quels aspects de votre métier vous passionnent ?
Dans la pratique même de la calligraphie, c’est à la fois la puissance du trait et ce qui va jaillir de la plume sur le papier. Au quotidien, c’est la co-création avec le client. Mon métier ressemble un peu à de l’orfèvrerie, on crée quelque chose d’unique pour eux. Il m’arrive de proposer à des médiathèques des ateliers d’écriture, où les participants et moi-même cherchons des manières originales d’écrire les mots. Ces derniers deviennent des mots-sculptures.  Ce qui est plaisant, c’est de voir des idées s’enrichir au contact des autres.

Qu’est-ce qui fait un bon calligraphe, selon vous ?
Il faut avant tout être capable de se concentrer. C’est une pratique particulière, qui se rapproche assez du violon où l’on a vite fait de faire des fausses notes. Le côté technique est très exigeant. On peut aussi établir un parallèle avec les arts martiaux, notamment le tir à l’arc, qui nécessite autant d’expertise que de concentration pour atteindre sa cible. Il paraît ensuite essentiel d’avoir un bagage culturel, littéraire et historique. Enfin, il faut de la créativité. La calligraphie est autant considérée comme un art que comme un métier d’art, en fonction du travail que l’on accomplit. Pour ma part, je développe d’un côté ma propre création, qui est plus de l’ordre de l’art, et d’autre part je réponds à des commandes de nature plus artisanales. Mais je propose avant tout un savoir-faire.

Avez-vous des projets ?
J’en ai une cinquantaine ! Mais j’aimerais avant tout faire des livres édités et trouver une marque de fabrique, ce qui constitue un travail de longue haleine. J’organise le 2 juin prochain les Rencontres Calligraphiques au pôle culturel de St Maximin et dans le cadre de mon association « Les Ailes du vent », qui propose des cours de calligraphie, nous allons inviter des spécialistes du métier à venir nous parler de leur activité. Cette année nous recevons Christophe Forgeot, auteur des Portes de la paix intérieure, et son calligraphe Lin Chi-Yi.

Bernard Vanmalle
12 rue Léandre Féraud
83670 Varages
04 94 37 57 89
www.vanmalle.com

« Certaines formations sont rares »

Entretien avec Isabelle Dussouet (responsable partenariats) et Anne Deslandes (conceptrice-rédactrice des activités du kit pédagogique) pour l’ONISEP, partenaire des JEMA 2012.

Qu’est-ce qui motive la participation de l’ONISEP aux Journées Européennes des Métiers d’Art ?
Présenter les métiers et formations associées aux métiers d’art, sensibiliser le jeune public mais aussi les parents et les équipes éducatives, fait partie intégrante de notre mission. En choisissant d’accompagner cette manifestation qui prend désormais une dimension européenne, l’Onisep marque sa volonté d’être au cœur de cet évènement.

Quel(s) projet(s) / rôle / implication sont mis en œuvre pour l’édition 2012 ?
Nous avons conçu, en partenariat avec l’INMA, un kit pédagogique numérique* qui comporte 7 activités permettant de découvrir les métiers d’art et les formations associées. Il est destiné aux équipes éducatives et s’inscrit dans le cadre du parcours de découverte des métiers et des formations (PDMF). Son objectif est de fournir aux enseignants des outils qui permettent de sensibiliser leurs élèves à la réalité de ces métiers en abordant des notions de compétences, de niveau de formation, ou encore d’univers de travail.

Ce kit s’inscrit naturellement dans le cadre des JEMA et permet aux classes de se préparer au mieux à participer à ces trois journées. Il est relayé par nos délégations régionales sous forme d’actualité ou de dossiers mis en ligne sur les espaces régionaux d’Onisep.fr, de rencontres organisées avec les équipes éducatives dans les établissements scolaires, de participation à différents stands…
* Ce kit est accessible à partir de page d’accueil du site institut-metiersdart.org

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et moins jeunes qui souhaitent se tourner vers les Métiers d’Art ?
Il faut profiter des JEMA pour aborder ces métiers de façon concrète : aller à la rencontre des professionnels, visiter leurs ateliers, découvrir leurs réalisations… Mais dans le même temps, ces jeunes doivent rapidement se renseigner sur les formations qui les intéressent en effectuant une recherche sur toute la France car certaines formations sont rares.

Quelle(s) opportunité(s) constitue(nt) selon vous les JEMA pour les Métiers d’Art ?
Les JEMA permettent de faire un focus sur ces métiers de passion et d’excellence et de mettre à l’honneur les hommes et femmes qui les exercent. Ces journées sont également l’occasion de tordre le cou à quelques idées préconçues. Par exemple de découvrir que les formations aux métiers d’art ne s’arrêtent pas au CAP ou au BMA (brevet des métiers d’art), qu’il est possible d’y accéder même avec un bac général notamment grâce à la MANAA (mise à niveau en arts appliquée), ou encore que les métiers d’art n’exigent pas uniquement un savoir-faire manuel.

« La relation entre l’élève et le professeur est primordiale »

Véronique Soboul-Polchi, co-directrice de Mod’Art avec Mr Xavier Chaumette est également professeur de style. 

Qu’est ce qui vous a donné envie d’apprendre un métier d’Art ?
C’est à la fin des années 70 que j’ai développé un intérêt pour le stylisme. C’était à l’époque un métier rare et militant, vraiment hors norme. C’était également un nouveau métier, inconnu et pas reconnu, en marge de la société. Ce qui m’intéresse dans le stylisme c’est l’histoire que le vêtement raconte sur la personne qui le porte et sa personnalité. J’ai vécu les années 70 comme une période de véritable révolution où la mode était magique comparée au vestiaire très conservateur et classique de l’époque.

Comment en êtes-vous venu à l’enseignement ?
Après 5 ans d’expérience professionnelle, je me suis lancée dans l’enseignement car la relation entre le professeur et l’élève est primordiale notamment pour faire le lien entre les études de stylisme et la réalité qui est différente. J’aime l’idée d’échange de savoir, c’est un peu comme si le professeur transmettait son patrimoine à ses élèves. Je veux avant tout donner du plaisir à l’étudiant quand il suit mon cours. Avant d’enseigner à Mod’Art, j’ai été aussi professeur à Esmod et l’école Chardon Savard.

Que conseilleriez-vous à de jeunes gens qui souhaiteraient s’investir dans le métier de styliste ?
Contrairement à mon époque, le métier de styliste est aujourd’hui connu et sollicité. Il y a beaucoup de concurrence, il faut donc que l’élève soit très travailleur. C’est aussi un métier alliant créativité et commerce avec beaucoup de technique sans oublier le côté artiste. Enfin, il est nécessaire de s’ouvrir à l’international en étudiant les marchés et les différentes marques.

Quelle animation particulière proposez-vous au public cette année dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art ?
Pour l’évènement, l’école ouvrira ses portes au public mais aussi aux professionnels. Ils pourront rencontrer les étudiants, les enseignants mais aussi la direction, c’est un moment riche d’échange. Mod’Art présentera également les travaux d’élèves sur toutes les années à travers une exposition.

Pour plus d’informations :
http://mod-art.org/site/fr/enseignants/veronique-soboul-polchi-et-xavier-chaumette

La naissance des sons

Gratuit – visite/atelier pour le 7-11 ans – sur réservation au 01 55 78 85 85 

Du chant à la flûte, du claquement des mains au frappement des tambours, autant de façons différentes de faire naître la musique. La découverte des collections du Musée, puis l’expérimentation par les enfants eux-mêmes d’instruments du monde entier, les entraînent dans l’exploration du son et des matériaux. Un mini-concert ponctuera cette visite-atelier.

 

Visite-atelier pour les 7 -11 ans accompagnés, le samedi 31 mars de 14h30 à 16h30

Activité gratuite.

Réservation obligatoire dans la limite des places disponibles : 30 places.

Tél : 01 55 78 85 85

Tarif réduit pour les collections permanentes pendant les 3 jours des Journées Européennes des Métiers d’Art – hors exposition Dylan.

6.40€ sur présentation aux caisses du Figaroscope du 28 mars 2012.

Gratuité pour les moins de 26 ans.

Cité de la musique – Musée de la musique
221, avenue Jean Jaurès 
75019 Paris

Entrez en matière !

L’Institut National des Métiers d’Art met en œuvre une exposition pour faire connaître aux enfants, de manière pédagogique mais aussi ludique et interactive, les valeurs et savoir-faire qui se rattachent aux métiers de la facture instrumentale.

« Entrez en matière » est dédiée aux enfants de 6 à 12 ans et vise particulièrement les primaires – pour appréhender de façon ludique les métiers d’art – et les collégiens – pour découvrir des métiers, favoriser des vocations et des orientations. Des animateurs leur expliqueront de manière concrète, la fabrication d’un violon et leur feront découvrir également le marimba, le cor et la clarinette. L’enfant sera sollicité à chaque étape du parcours, ce qui lui permettra de s’amuser avec des quiz et des jeux, d’expérimenter, de toucher la matière et les instruments, d’imiter, de jouer et de fabriquer un petit instrument qu’il conservera.

Du mardi 27 mars au dimanche 1er avril 2012 , l’entrée est gratuite :
Hall de la Cité des sciences et de l’industrie 30, avenue Corentin Cariou 75019 Paris
01 55 78 85 85

Ouverture du mardi au dimanche de 10h à 18h

Visites guidées :  11h, 12h, 14h et 16h

Ateliers fabrication : 
Mercredi, samedi et dimanche  10h30, 11h30, 12h30, 14h30, 15h30 et 16h30 Mardi, jeudi et vendredi : 14h, 15h et 16h

Cette exposition a été réalisée grâce au soutien de la fondation Bettencourt Schueller.

Après la visite de l’exposition… 

Poursuivez cette découverte du monde de la facture instrumentale, au fil des arrondissements et des départements d’Île-de-de-France, avec :

  • la visite d’ateliers de professionnels de la facture instrumentale, ouverture d’une vingtaine d’ateliers dans toute la région,
  • la visite-atelier « La naissance des Sons » à la Cité de la Musique (75019),
  • le Musée de la Musique, visite des collections permanentes à la Cité de la Musique (75019),
  • des rencontres et concerts : Viola’s, rencontre autour de l’alto au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris (75008),
  • la formation CAP accordeur de pianos à l’Institut National des Jeunes Aveugles (75007),
  • la découverte des instruments à vent : visite du showroom et de l’usine Henri Selmer Paris (Paris et Mantes-la-Ville 78) visite au travers des savoir-faire des luthiers de Buffet Crampon (Mantes-la-Ville 78)
  • la découverte de la fabrication des Pianos Pleyel, visite de la Manufacture (Saint-Denis 93)

Retrouvez tous les renseignements pratiques sur www. journeesdesmetiersdart.eu

« Observer l’ancien pour rendre la reprise invisible »

Solène Léglise est une mosaïste parisienne complète puisqu’elle participe à des chantiers de restauration du patrimoine national tout en créant des pièces personnelles (décors architecturaux et objets décoratifs en pâte de verre, céramique et pierre).
Comment avez-vous découvert la mosaïque ?
Dans un premier temps dans ma ville natale, Angers, où beaucoup de boutiques et façades sont (de style) Art déco et comportent des mosaïques puis lors d’une exposition de l’Ecole italienne de Spilimbergo (en 1997). Cette exposition a été le déclencheur et j’ai poursuivi mes études d’Art pour intégrer l’école Olivier de Serres et me spécialiser en mosaïque. J’ai obtenu mon DMA en 2000.
Quelles sont les exigences d’un chantier de restauration ?
Je restaure principalement les bâtiments de la fin du 19ème ou 20ème siècle. En effet, les chantiers de restauration de sites antiques sont réservés aux laboratoires et à des profils plus scientifiques. Dans les chantiers de restauration, il faut retrouver les pierres du même coloris. C’est assez facile à trouver car les nuances sont souvent les mêmes, c’est pourquoi je garde tout un stock de pierres réservé à la restauration. Ce qui m’intéresse le plus dans ces chantiers c’est observer l’ancien pour que la reprise soit invisible. C’est comme un jeu. La basilique Notre Dame de Brebières en Picardie est le chantier qui a nécessité de plus de travail puisqu’il a duré 4 mois. Sur le plan technique, la restauration de l’entrée des loges de l’Opéra Garnier a été un défi, puisque le pavement est signé Facchina, un mosaïste italien célèbre, et qu’il s’ agissait de continuer la mosaïque jusqu’aux portes.
Quels sont vos projets ?
J’aimerais maintenir un équilibre entre restauration, création et formation. Cette année j’ai crée une série de pièces uniques intitulée « Cumulus ». Elle est inspirée des nuages en vision macro (zoom).
Contact :
Solène Léglise
3, rue Géo Chavez
75020 Paris
01 40 31 20 79

Manuel Domingues, alias Manu Déco, Artisan d’Art

Manuel Domingues

Portrait de Manuel Domingue, spécialisé dans la restauration – conservation de meubles d’art et d’objet ancien, challenge sur mesure (ou démesuré) traditionnel ou contemporain. 

L’atelier « Manu Déco » a vu le jour le 9 septembre 1999 (ou 9/9/1999) sous l’impulsion de  Manuel Domingues, alias Manu déco, ‘installé en qualité d’entrepreneur individuel. Sa volonté de l’époque est d’acquérir une notoriété auprès des collectionneurs et des professionnels de l’ébénisterie d’art, spécialisés en restauration et/ou conservation de meubles et d’objets d’art anciens.

De l’année 2000 à 2010 « Manu Déco » crée avec son épouse des pièces uniques (volets avec bas relief, porte en chêne de Bourgogne), décore l’intérieur de belles demeures et châteaux classés de la région et reconstitue pour les besoins du tournage du film  » Vauban, le vagabon du Roi » une basterne authentique.

Avant d’ouvrir son atelier, Manuel Domingue aura exercé pendant 18 années dans de prestigieux ateliers de France, en tant qu’Ébéniste, Menuisier de tradition et d’Agencement de luxe terrestre et maritime, Restaurateur, Décorateur, Vernisseur, Doreur, Travailleur du cuir… Après 31 ans d’expérience, il est aujourd’hui : Maître Artisan en Métiers d’Art, Maître Ébéniste d’art, Maître Sculpteur d’art, Maître Décorateur d’art, Maître d’apprentissage confirmé, Prix des Métiers d’Art (Restauration / Conservation ), Membre Jury de formation complémentaire, Restaurateurs de meubles, Titulaire des autorisations Préfectoral de la Nièvre, pour la détention et l’utilisation d’Écaille de Tortues Vertes et de Tortues Carets, ainsi que pour l’Ivoire d’éléphant (ouf !).

En 2008, la chambre des métiers lui confère la « Qualité d’Artisan d’Art » et Manuel Domingue ouvre un nouvel atelier de recherches et de créations, en peintures artistiques avec des techniques anciennes sur meubles.

Boris Pierdet

Il embauche alors le compagnon Boris Pierdet (titulaire d’un BMA en ébénisterie d’art, médaille d’or du meilleur apprenti de la Nièvre et de Bourgogne) après son apprentissage au sein de l’entreprise, qui deviendra en octobre 2010 co-gérant de « Manu Déco SARL ».

Camille Simon

Avec l’arrivée de Camille Simon (également titulaire d’un BMA ébénisterie d’art, avant une formation complémentaire Tapissier d’ameublement d’art),  « Manu Déco » étoffera ses services dans la tapisserie et la restauration de tous sièges.

L’entreprise Manu Déco ouvrira les portes de son atelier pour les JEMA 2012, du 30 mars au 1er avril, et participera à l’exposition « Etonne moi » à l’espace démonstration / vente au Prieuré de La Charité sur Loire.

Manu Déco sarl
Sancenay 58420 Saint Révérien,
Tel : 03.86.29.07.55
www.atelierdartmanudeco.com

« Il faut au moins 10 ans pour qu’un glypticien soit ‘complet’ »

Claude Delhief est un glypticien (art de graver les pierres) de prestige : Maître d’Art depuis 1998, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et Meilleur ouvrier de France honoris causa. Il crée dans son atelier parisien de nombreuses pièces uniques pour ses clients particuliers : médailles, chevalières, portraits portés en broche ou en pendentifs… Le métier de glypticien est classé rare avec seulement une dizaine de glypticiens présents en France ; c’est pourquoi les pouvoirs publics ont chargé Claude Delhief de la préparation du dossier pour que la glyptique soit classée au patrimoine immatériel de l’Unesco.

Quel aspect de votre Art vous plaît le plus ?
Je préfère le travail sur pierres fines au travail sur pierres précieuses car le travail sur pierres précieuses est un travail de sculpture pur alors que celui sur pierres fines permet de jouer sur la couleur et la lumière tel un peintre. Les gemmes translucides sont particulièrement intéressantes. Ma pierre fine de prédilection est l’amestrine (mélange de cyprine et d’améthyste) car son double coloris (jaune/violet) rend l’étape de « mise en couleur » passionnante. Le travail de glyptique sur pierres précieuses est assez rare, le travail sur pierres fines représente de 80 à 90% des demandes.

Que pensez-vous de la transmission du savoir des métiers rares actuelle ?
Elle est absolument indispensable pour ne pas risquer que l’Art de la glyptique disparaisse en France et soit délocalisé à l’étranger. Il y a une dizaine de glypticiens en France actuellement, chacun ayant sa spécialité sauf un élève que j’ai formé qui est polyvalent dans tous les domaines de la glyptique. Il faut au moins 10 ans pour qu’un glypticien soit « complet » car c’est un art décoratif et traditionnel à la fois. J’ai de 2 à 5 élèves par semaine dans mon atelier mais c’est encore trop peu pour ouvrir une classe spéciale. Je regrette que mon métier ne soit pas plus valorisé pour être enseigné dans les écoles d’Art. Je voudrais que le travail traditionnel dans la bijouterie se répande plus et que la bijouterie française sous-traite moins à l’étranger. Mais mon métier n’est pas le seul en danger dans la bijouterie, les émailleurs sur métaux précieux par exemple le sont aussi.

Qu’est-ce qui motive votre participation aux Journées européennes des métiers d’art ?
Avant tout informer le public sur mon métier mais aussi leur faire prendre conscience que l’art de la glyptique est en danger en France. C’est pourquoi je donne des fiches explicatives et présente des vidéos lors de cette journée. L’édition de l’année dernière a été un véritable succès avec une quarantaine de personnes le 1er jour, 150 le 2ème puis 250 le dernier ! J’ai été très agréablement surpris et espère le même succès pour l’édition 2012.

Atelier Delhief
8, rue Ridder
75014 Paris

« Seule la passion du métier conduit à la réussite »

Entretien  avec Alain Griset, président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (APCMA) 

– Qu’est-ce qui motive la participation de l’APCMA aux Journées Européennes des Métiers d’Art ?

Alain Griset Président de l'APCMA

L’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) et les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) sont des partenaires très impliqués des « Journées Européennes des Métiers d’Art ». L’accompagnement des métiers d’art représente, pour l’artisanat, un double objectif. En premier, celui de suivre et de conforter dans leur développement les entreprises artisanales qui exercent l’un des 217 métiers d’art actuellement répertoriés. Le deuxième objectif étant de contribuer à assurer la pérennité de ces entreprises, fragilisées par la conjoncture économique et qui portent une part du patrimoine national français. Ce partenariat se décline en lien étroit avec l’Institut National des Métiers d’Art.

– Quelles sont les actions spécifiques prévues par les chambres de métiers et de l’artisanat pendant les JEMA 2012?

L’édition 2012 des JMA bénéficie de l’engagement des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) sur tout le territoire. Sur le long terme, les chargés de mission métiers d’art des CMA repèrent pour les accompagner vers de nouveaux marchés ces entreprises importantes pour l’avenir, car elles représentent des enjeux culturels, économiques, territoriaux et patrimoniaux. Ainsi, les JEMA sont la vitrine des actions économiques menées tout au long de l’année par les partenaires que sont l’Institut national des métiers d’art (INMA), les Ateliers d’Art de France (AAF), l’Institut Supérieur des Métiers (ISM), l’APCMA et les chambres de métiers et de l’artisanat. Tous ont le soutien des pouvoirs publics.

– Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et moins jeunes qui souhaitent se tourner vers les métiers d’art ?

Si je devais donner un conseil à un jeune qui souhaite se tourner vers un métier d’art, je lui recommanderais d’abord de bien choisir le métier : ce sont des métiers exigeants qui requièrent une formation plus longue pour acquérir un beau geste professionnel. Il faut beaucoup de travail et de  patience ! Seule la passion du métier le conduira à la réussite. Je lui souhaite ensuite de trouver le CFA ou l’école et le maître d’apprentissage qui sauront l’accompagner le plus loin possible. Enfin, il lui faudra ajouter à la perfection du geste et à la créativité, les qualités d’innovation qui feront de lui un chef d’entreprise capable de trouver des marchés.

– Quelle(s) opportunité(s) constitue(nt) selon vous les JEMA pour les Métiers d’Art ?

Il faut assurer encore mieux la relève ! Ces journées constituent, à travers l’ouverture d’ateliers d’art, les portes-ouvertes dans les écoles et centres de formation, une occasion unique pour les artisans d’art de partager leur passion, de présenter la richesse et la diversité de leur métier auprès du grand public et de susciter de nouvelles vocations. Et pour la première fois cette année, La France sera aux côtés de l’Espagne, l’Italie, la Province de Liège et la Suisse pour mettre les métiers d’Art à l’honneur !

 Plus d’informations sur : http://www.artisanat.fr/